Cursed : la rebelle (20 premières min)

dau­basse de Frank Miller et Tom Wheeler, 2020

En géné­ral, je regarde au moins une sai­son pour me faire une idée d’une série. Parfois, je tiens pas jusque là ; excep­tion­nel­le­ment, je sup­porte même pas un épi­sode.

C’est ce qui s’est pas­sé pour Cursed : la rebelle. Sur le papier, une « réima­gi­na­tion de la légende arthu­rienne » racon­tée du point de vue de celle qui devien­dra la Dame du Lac, c’est pour­tant fait pour moi.

Sauf que voi­là, ça com­mence avec des dia­logues en car­ton, des décors arti­fi­ciels qui res­semblent au croi­se­ment d’un Avatar du pauvre et d’un Aquaman syl­vestre, une héroïne qui semble éblouie et émer­veillée devant une fleur qui vole (alors qu’elle fait par­tie de son envi­ron­ne­ment nor­mal) et qui réagit à 15 ans avec le niveau de matu­ri­té qu’on accep­te­rait tout juste d’un enfant de trois ans un peu benêt, et une resu­cée de l’in­son­dable thème « ta gueule Maman c’est pas un don c’est une malé­dic­tion » aus­si sub­tile que le qua­trième Rocky.

Catherine Walker et Katherine Langford dans Cursed
— Ton pou­voir est un don et c’est pour ça que les autres t’aiment pas.
— Je veux pas je veux pas je veux pas.
- pho­to Netflix

Pour ne rien arran­ger, les acteurs ont l’air aus­si convain­cus que Karl Marx qui reli­rait un dis­cours de Donald Trump. Pourtant, eux ne voient pas l’im­monde décor, et je suis bien cer­tain que le fond vert sur lequel ils jouent est au moins aus­si émou­vant que le ren­du final…

Bref, des répliques lourdes de cli­chés ser­vies par des acteurs absents, qui tombent à plat dans un uni­vers moche. Au bout de presque une heure, j’ai regar­dé le comp­teur, il m’a dit qu’en fait ça fai­sait à peine vingt minutes que ça avait com­men­cé. Alors je suis retour­né au menu, et Netflix m’a pro­po­sé Death Note, et là je vous laisse : j’ai des noms à écrire dans un cahier.