L’assaut

de Julien Leclercq, 2010, ***

Bon, l’histoire, on la connaît à peu près tous. En tout cas, c’est un des sou­ve­nirs mar­quants de ma jeu­nesse, bien plus que l’attentat de Saint-Michel quelques mois plus tard : les 24 heures de ten­sion pré­cé­dant l’assaut du GIGN avaient vrai­ment créé une ambiance par­ti­cu­lière, même au fin fond de ma cam­brousse. Notons que curieu­se­ment, je me sou­ve­nais abso­lu­ment pas que c’était à Noël.

Donc, un Airbus est pris en ota­ge¹ par des membres du GIA. Longtemps blo­qué à Alger, il arrive à Marseille et demande à repar­tir sur Paris. L’idée étant émise qu’il s’agit d’une mis­sion-sui­cide, le GIGN donne l’assaut, avec un bilan éton­nam­ment léger : aucun civil n’est sérieu­se­ment bles­sé (à part le copi­lote, qui s’est pété quelques os en sau­tant par la fenêtre du poste de pilo­tage).

Globalement, le film est ner­veux. En prin­cipe, ça colle bien au sujet, et les scènes d’action sont d’ailleurs très réus­sies.

Le pro­blème, c’est la par­tie roma­nesque, en par­ti­cu­lier les lan­guis­sants pas­sages sur la femme du héros. Si fil­mer camé­ra à l’épaule un assaut dans les tra­vées d’un A300 est tout à fait jus­ti­fié, les scènes de vie fami­liale n’exigent nul­le­ment ce trai­te­ment ; déjà qu’elles sont moyen­ne­ment bien écrites et sou­vent plu­tôt inin­té­res­santes, elles sont en plus fil­mées sans sta­bi­li­té et pas tou­jours faciles à lire…

Il y a donc clai­re­ment trois films, l’un — réus­si — sur la prise d’otages et les réac­tions poli­tiques, l’autre — très réus­si — sur le GIGN, et le der­nier — vague­ment chiant — sur la famille.

Au glo­bal, ça se regarde, mais ça peut aus­si bien se voir à la télé…

¹ Ça n’a rien à voir avec les syn­di­cats de pilotes d’Air France ou la CGT. Je pré­cise parce que quand on parle d’avions « pris en otages », de nos jours, on parle plus sou­vent de grèves que de ter­ro­risme… -_-