Bandslam

de Todd Graff, 2009, ***

Y’a des jours où on va voir un film sans grand espoir de chef-d’œuvre, mais en se disant qu’une comédie adolescente bien niaise peut apporter un peu de détente dans une semaine cinématographique de toute manière sinistrée. C’est du quitte ou double : comme on attend rien, au pire, on n’a rien et on a passé deux heures dans un endroit climatisé, au mieux, c’est une bonne surprise.

Ce Bandslam¹ est dans la deuxième rubrique. Le thème est bien connu : une équipe de loosers et de bras cassés va défier des gens à qui tout réussit : ici, les loosers sont un mauvais guitariste, un bassiste à la masse, un batteur bas de plafond et un nouveau mal intégré, les winners sont le groupe de rock officiel de leur lycée et le terrain d’affrontement est un radio-crochet interscolaire ; c’est une structure très prisée outre-Atlantique que l’on retrouve notamment dans Rocky et Même pas mal, ça s’appelle le « rêve américain ». On n’échappe donc pas à huit tonnes de clichés inévitables sur les winners nés pour gagner, beaux, arrogants, moqueurs, tout ça — vous savez, ceux qui ont l’assurance des hommes dont on devine que le papa a eu de la chance… —, les loosers laissés-pour-compte avec lunettes et acné, la looseuse bizarre qui est outcast juste parce qu’elle a compris trop de choses (pensez à Daria)…

Cependant, il y a une certaine finesse inhabituelle qui se glisse ici ou là. Le groupe de loosers, par exemple, n’est pas réellement catastrophique, il est juste très très très mauvais ; j’en ai vu (et entendu, hélas) des pires dans la vraie vie. Il y a également quelque chose de l’opposition entre la blonde bourrée de clichés et la brune bourrée d’autres clichés (pensez à Daria, je vous dis !), sur les motivations de chacune, et cætera. La question de l’intégration et du déménagement n’est également pas évacuée comme trop souvent. Le final lui-même évite la connerie d’un pur retournement de réalité dans lequel les loosers deviendraient les winners officiels, comme on l’a trop souvent vu dans ce genre de comédies.

In fine, c’est donc plutôt une bonne surprise, rien de véritablement transcendant mais un truc plus réussi que la moyenne du genre et qui ne manquera pas d’arracher son lot de sourires.

¹ Exceptionnellement, j’ignorerai délibérément le titre sous lequel il est distribué en France, qui est une insondable connerie basée sur un anglicisme doublé d’une erreur de traduction…