Le lecteur

de Stephen Daldry, 2009, ***

Adolescent dans les années 50, Michael ren­contre Hanna, de dix ans son aînée et qui aime qu’on lui lise des livres. Elle dis­pa­raît sans lais­ser d’adresse et c’est par hasard que, étu­diant en droit, il la retrou­ve­ra huit ans plus tard sur le banc des accu­sées dans un pro­cès pour crimes de guerre : elle fai­sait par­tie de la garde du camp des femmes à Auschwitz, sélec­tion­nant notam­ment les pri­son­nières devant être exé­cu­tées pour lais­ser la place aux arri­vantes.

Critiquer ce film n’a rien d’évident. Il a pour lui, bien enten­du, un sujet en or — qui n’est pas sans rap­pe­ler la ques­tion qui imprègne l’œuvre de Gavras (Music box et La main droite du diable notam­ment) : connaît-on ceux qu’on aime ? — et des acteurs impec­cables. Il souffre cepen­dant de la lour­deur de cer­taines scènes et de la légè­re­té du trai­te­ment réser­vé au per­son­nage prin­ci­pal — je sup­pose que le bou­quin, que je n’ai pas appro­ché, était plu­tôt intros­pec­tif et que le réa­li­sa­teur n’a pas vrai­ment su rendre cet aspect. On ne fait qu’effleurer ses dilemmes internes — la femme que j’aimais était une cri­mi­nelle de guerre ; dois-je allé­ger sa peine en révé­lant son secret ; dois-je révé­ler que je l’aimais ; et toute cette sorte de choses… — qui devraient au contraire être la matière pre­mière du film.

Au final, ça reste très recom­man­dable, mais je me dis qu’il y avait matière à faire beau­coup plus mieux.