Relic

de Natalie Erika James, 2020, *

La grand-mère n’ayant plus don­né signe de vie depuis un moment, la mère et la fille se rendent dans sa gigan­tesque mai­son. Elles regardent le salon, la cui­sine, la chambre, et comme elles ont vu per­sonne, la mère file au com­mis­sa­riat décla­rer la dis­pa­ri­tion pen­dant que sa fille conti­nue à explo­rer les nom­breuses autres pièces.

Oui, voi­là le niveau de cohé­rence du truc.

Je sais pas vous, mais moi, si je suis chez quel­qu’un que je cherche, je com­mence par faire le tour de la baraque avant de déci­der qu’il faut appe­ler les flics. Et si je suis dans un décor d’ur­bex, j’at­tends de pas être seul avant d’ex­plo­rer des pièces, enfin, c’est le B‑A-BA de la sécu­ri­té indi­vi­duelle. Tout ce film repose donc sur des choix débiles faits par les deux prin­ci­pales pro­ta­go­nistes dès la séquence d’ou­ver­ture.

Relic
Le truc ori­gi­nal du film : avoir mis des gens dans une pho­to de Philippe Sergent. Enfin, sauf que les pho­tos de Philippe Sergent sont mieux expo­sées. — pho­to IFC Films

La suite étant du même ton­neau et la scé­na­riste ayant un script pour vingt minutes, la réa­li­sa­trice a ten­té de sau­ver les meubles en pas­sant en revue toutes les tech­niques incon­tour­nables des deux pre­miers cha­pitres de Le film d’hor­reur pour les nuls. Légèrement rota­tion très très très lente de la camé­ra, zoom ano­din très très très lent, plan fixe pro­lon­gé sur un trou dans le mur ou un détail du décor, reprise d’élé­ments récur­rents à dix minutes d’in­ter­valle… Sans sur­prise, ça ne sauve rien, mais ça mul­ti­plie effi­ca­ce­ment l’en­nui.

Juste après le « cut » final1, appa­raît à l’é­cran une phrase du style : « en allant voir ce film léga­le­ment, vous avez sou­te­nu l’emploi des gens lis­tés ci-des­sous ». Cette ouver­ture du géné­rique est le truc le plus ori­gi­nal du film — et c’est aus­si le moment où je me suis dit : « Ah ben jus­te­ment, vu le niveau de leur bou­lot, ceux-là méri­te­raient d’être au chô­mage. »

  1. Qui sur­vient exac­te­ment une seconde après le moment atten­du, le temps que la mon­teuse se réveille et dise « ah c’est là que je dois cou­per ».