Atypical
|de Robia Rashid, depuis 2017, ***
C’est l’histoire d’un autiste de 18 ans qui tente de trouver une copine, ainsi que des réactions de son entourage face à cette décision.
Série plutôt humoristique, rythmée, correctement interprétée, dans la veine des tragi-comédies modernes, mais centrée sur un personnage qui peine à comprendre les codes absurdes des gens normaux (avec leurs faux-semblants, leur utilisation aléatoire de mots qui pourtant ont un sens, leurs sous-entendus qu’ils reprochent de ne pas comprendre, ou encore leur goût incompréhensible pour les discussions vides de sens, les soirées agitées et le bruit qu’ils font).

Son gros intérêt, c’est de montrer des typiques suffisamment originaux pour, finalement, arriver à présenter la réalité comme un continuum : Sam est suivi pour trouble du spectre autistique, mais son pote Zahid, vaguement obsédé (même selon les standards des adolescents) et un peu geek, est-il vraiment beaucoup plus normal ? Et quid de Paige, la « copine d’entraînement » aux réactions quelque peu excessives ? De ce point de vue, la série fonctionne plutôt bien, malgré quelques caricatures et une écriture qui cède à un bon lot de facilités.
Le problème, c’est que Sam est un autiste typique. Oui, je sais, ça ressemble à un oxymore, mais c’est exactement ça : on a l’impression que les scénaristes l’ont conçu en prenant tous les clichés sur l’autiste « de haut niveau », forcément brillant, forcément hypersensible, forcément bourré d’obsessions, forcément profondément bienveillant et navré quand il blesse les autres. Idem pour l’entourage, en particulier la mère-courage-construite-pour-servir-son-fils-qui-ne-sait-pas-quoi-faire-d’autre, qui est une caricature sur pattes et serait insupportable sans le talent de son interprète.

Du coup, le résultat laisse un peu perplexe : d’un côté, les gens normaux sont normaux — c’est-à-dire gentils, méchants, maniaques, instables, sérieux, professionnels, obsédés… — et de cette variété naît tout l’intérêt de la comparaison avec l’autiste, qui au fond n’a qu’une façon un peu particulière d’être aussi taré que les autres. Mais de l’autre, certains ressorts sont trop faciles et le personnage principal répond trop aux stéréotypes sur le sujet pour qu’on ne reste pas sur notre faim.
En résumant, on pourrait dire que la série est à l’image de son personnage : bien intentionnée… mais maladroite.