[Rec]

de Paco Plaza et Jaume Balagueró, 2008, ****

Je suis pas super fan des films d’horreur. D’ordinaire, soit je les trouve nuls à chier (comme le fameux Zombie de Romero) ou hila­rants (Resident evil de Paul Anderson), soit je sors de la salle avant la fin. Rares sont ceux qui arrivent à me fas­ci­ner sans me dégoû­ter.

Ce fut le cas de Audition, de Takashi Miike. Et ce n’est peut-être pas un hasard si [Rec] est basé sur gros­so modo la même struc­ture : des gens nor­maux dans un monde nor­mal, qui pré­voient plus ou moins de s’embêter et se demandent quoi faire pour trom­per leur ennui, voient le monde sor­tir de ses gonds et par­tir en couille.

Astuce sup­plé­men­taire de [Rec] (d’où le titre, d’ailleurs) : tout est fil­mé par la seule camé­ra de Pablo, qui accom­pagne Ángela dans un repor­tage sur la vie noc­turne d’une caserne de pom­piers. L’idée peut paraître déjà vue, notam­ment par les habi­tués de Blair Witch, mais elle donne une force par­ti­cu­lière : on ne voit, on n’entend, on ne sait que ce que voient, entendent et savent les per­son­nages. Les scé­na­ristes ont dû par­fois se creu­ser la tête pour arri­ver à pla­cer telle ou telle scène (comme lorsque la camé­ra, à terre, est ral­lu­mée par une gamine curieuse après que la police ait inter­dit à Pablo de fil­mer), mais ça fonc­tionne magni­fi­que­ment.

Pour le reste, c’est un sur­vi­vor de zom­bies presque clas­sique. Presque. Jusqu’au bout, on pressent une fin nor­male pour ce genre (vous connais­sez Resident evil ?), mais Jaume et Paco ne font pas cette erreur et retournent l’histoire dans le tout der­nier plan.

Un peu d’humour, une réa­li­té bien réelle qui bas­cule petit à petit, tout ce qu’il faut pour immer­ger le spec­ta­teur, une fin qui tue (ah, ah, ah, jeu de mots inside) : c’est peut-être la recette pour un bon film d’horreur.

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