Luke Cage

de Cheo Hodari Coker, depuis 2016, ***

Il y a des séries qu’on a envie d’ai­mer. Ici, on a un excellent per­son­nage secon­daire de Jessica Jones, recen­tré à Harlem, un script logi­que­ment cen­tré sur ses capa­ci­tés (il est pare-balles et super fort), mais éga­le­ment sur la culture et la vie locales aux­quelles il essaie de s’in­té­grer dis­crè­te­ment. Autour, on met du polar mafieux avec des méchants bien fichus et un fond de poli­tique-fic­tion agréa­ble­ment mélan­gé ; ajou­tons un rythme posé autour de quelques accé­lé­ra­tions, un bon mélange humour/action, un cas­ting glo­ba­le­ment réus­si, et on a tout bon.

Un black dans un sweat à capuche : justicier ou simple dealer ? - photo Myles Aronowitz pour Netflix
Un black dans un sweat à capuche : jus­ti­cier ou simple dea­ler ? — pho­to Myles Aronowitz pour Netflix

Tout ? Non, pas tout.

En fait, la pre­mière moi­tié de la série est très réus­sie, les élé­ments du scé­na­rio se met­tant en place pro­gres­si­ve­ment et intel­li­gem­ment, avec une sym­pa­thique pré­sen­ta­tion du quar­tier et de ses res­sorts — aus­si bien côté civils que mafieux et flics. La seconde moi­tié… Hum.

Ça com­mence à par­tir en caca­huète quand Cottonmouth, Shades et Mariah déploient leur machi­na­tion. Les scé­na­ristes n’ont pas su gar­der le rythme, et le pre­mier rebon­dis­se­ment de cette intrigue aurait dû sur­ve­nir beau­coup plus tôt. Ensuite, il y a l’in­ter­mi­nable pré­sen­ta­tion des ori­gines de Cage, pleine de cli­chés certes, mais sur­tout très longue. Et l’ar­ri­vée de Diamondback est celle de trop — le per­son­nage pour­rait être inté­res­sant, avec son côté Joker, mais comme pour Cage son ori­gine est beau­coup trop détaillée et beau­coup trop pathé­tique.

La fin de Sons of Anarchy a libéré un acteur pour jouer le meilleur personnage de la série. - photo Myles Aronowitz pour Netflix
La fin de Sons of Anarchy a libé­ré un acteur pour jouer le meilleur per­son­nage de la série. — pho­to Myles Aronowitz pour Netflix

En fait, la série aurait très bien tour­né en huit épi­sodes, ou en deux sai­sons de cinq ou six (en cou­pant à l’ar­ri­vée de Diamondback). Mais il n’y avait tout sim­ple­ment pas la matière pour treize épi­sodes d’un seul souffle, et la seconde par­tie souffre avant tout d’un manque de den­si­té qui donne l’im­pres­sion que les auteurs ont allon­gé la sauce pour res­pec­ter le volume pré­vu. Du coup, sur les cinq ou six der­niers épi­sodes, la série lâche son spec­ta­teur et, de pas­sion­nante, devient pas­sable. Dommage : le début prouve que le poten­tiel était bien là.