Les minions

de Pierre Coffin et Kyle Balda, 2015, ***

Faire un film sur les minions, ces per­son­nages secon­daires de Moi, moche et méchant, c’est un gros pari : ils ne parlent pas vrai­ment (même si un locu­teur de langue latine devrait arri­ver à par­ler leur sabir assez rapi­de­ment) et ils n’existent que pour por­ter des gags. Du coup, leur don­ner une vraie his­toire à part entière est un peu com­pli­qué.

Les auteurs ont choi­si ce point de départ : les minions sont fas­ci­nés par la méchan­ce­té et cherchent tou­jours un maître à ser­vir — bien que leur mal­adresse fait sou­vent dis­pa­raître leurs méchants ado­rés, d’un tyran­no­saure qui joue à Gollum à Napoléon trans­for­mé en baron de Münchhausen. C’est évi­dem­ment une source de gags qua­si­ment inépui­sable et dans la pre­mière demi-heure, c’est un peu un éblouis­se­ment : les auteurs ont vrai­ment fait un effort remar­quable d’imagination pour varier les situa­tions, les his­toires, et prendre le spec­ta­teur à contre-pied. Malheureusement, ce n’est pas tout et lorsque l’histoire s’attaque aux joyaux de la cou­ronne, Les minions revient à sa nature de simple série déri­vée, ten­tant de capi­ta­li­ser sur les recettes des pré­cé­dents films avec une méchante hys­té­rique contre­car­rée par la bonne volon­té de ses assis­tants.

Peut-être le meilleur gag du fil. image Universal Pictures
Peut-être le meilleur gag du fil. image Universal Pictures

Alors certes, il y a des pas­sages impayables ; certes, Elizabeth II est extrê­me­ment réus­sie ; certes, on se marre sou­vent bien.

Mais au-delà de cette suc­ces­sions de gags enfan­tins qui deviennent un peu répé­ti­tifs dans la seconde moi­tié, il n’y a pas grand-chose. Les minions peut sans doute séduire l’enfant qui est en cha­cun de nous, ain­si bien sûr que les gosses de la salle, et il fait pas­ser un bon moment à qui­conque n’est pas cri­tique cultu­rel au Figaro, mais il n’essaie fina­le­ment jamais de s’élever au-delà du sta­tut de film à gags et ne mar­que­ra sans doute guère les mémoires.