Avengers : l’ère d’Ultron

de Joss Whedon, 2015, ***

On reprend les mêmes et on recom­mence. La recette reste proche du pre­mier Avengers, avec d’une part des scènes d’action spec­ta­cu­laires mais un peu décou­sues, sou­vent répé­ti­tives et tota­le­ment exa­gé­rées, des­ser­vies par une bande-son très bruyante, et d’autre part des vannes de bas étage entre les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes, bien por­tées par un lot d’acteurs plu­tôt bons (sauf le mec au mar­teau, tou­jours insi­gni­fiant). Les fans de Vif-Argent dans X-men : days of future past seront déçus de voir que Joss a beau­coup moins bien réus­si ses scènes que Bryan, mais en échange le per­son­nage est un peu plus creu­sé.

— Frangin, t'étais vachement plus réussi dans X-men tu sais ? —Sœurette, fais pas chier, c'est pas Martha Marcy May Marlene ici. photo Walt Disney Company
— Frangin, t’étais vache­ment plus réus­si dans X-men tu sais ?
— Sœurette, fais pas chier, toi non plus t’es pas moi­tié aus­si bonne que dans Martha Marcy May Marlene.
pho­to Walt Disney Company

Le bon point, c’est la relec­ture moderne du mythe de Frankenstein, avec Stark dans le rôle du chi­rur­gien fou et une conscience infor­ma­tique dans celui de sa créa­ture. Du coup, la ques­tion du monstre (qui est-il, com­ment le recon­naître ?) est régu­liè­re­ment posée, cha­cun étant à un moment ou à un autre le monstre de quelqu’un (à part Linda Cardellini, qui est tout sauf mons­trueuse). C’est évi­dem­ment pas aus­si per­tur­bant que la ques­tion du monstre chez Gavras (revoyez Music box si vous voyez pas de quoi je parle), mais ça donne une lec­ture plus adulte et presque un début de pro­fon­deur au film, qui lui per­met de ne pas tom­ber dans la rubrique « bour­rin­nage bas de pla­fond ».

L’ensemble n’a donc rien de bou­le­ver­sant, mais c’est une dis­trac­tion effi­cace, plu­tôt meilleure que le pre­mier. Faites juste atten­tion à le voir dans un envi­ron­ne­ment dont vous maî­tri­sez le volume sonore : au ciné, ça pique les oreilles.

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