The voices

de Marjane Satrapi, 2014, ***

Jerry est l’archétype du gen­til cré­tin. Heureux de faire un bou­lot de con (dans une com­bi­nai­son rose, il empa­quette des bai­gnoires roses toute la jour­née), heu­reux d’être pris pour un abru­ti par ses col­lègues, heu­reux de dra­guer l’Anglaise de la comp­ta qui le traite comme un imbé­cile. Son mas­tiff, avec la bien­veillance carac­té­ris­tique de la race, le consi­dère comme un type bien qui a par­fois des idées bizarres — comme cette ten­dance à entendre son chien répondre lorsqu’il lui parle. Son chat, en revanche, est comme les chats plus cynique : il n’hésite pas à lui rap­pe­ler qu’il est stu­pide et que son entou­rage se fout de lui.

Jerry : Vous croyez que je suis idiot ? Bosco : Mais non, t'es un brave type tu sais. Whiskers : Si ce clébard était pas encore plus stupide que toi, il te dirait que tu es un abruti.
Jerry : Vous croyez que je suis idiot ?
Bosco : Mais non, t’es un brave type tu sais, tout le monde t’aime bien.
Whiskers : Si ce clé­bard était pas encore plus stu­pide que toi, il te dirait que t’es un abru­ti.
Photo Le Pacte

Comédie grin­çante sur la schi­zo­phré­nie, The voices est à plus d’un titre très réus­si, avec un scé­na­rio bien retors qui n’hésite pas à aller au bout de sa logique, des dia­logues brillants de naï­ve­té ou de noir­ceur, et des per­son­nages qui ne devraient pas par­ler mais qui disent plein de choses hila­rantes et gla­çantes.

Cela ne masque pas quelques fai­blesses, dans les­quelles je retien­drai d’abord un jeu d’acteurs un peu exa­gé­ré (sans doute vou­lu puisque tout le cas­ting est concer­né, mais qui donne un côté théâ­tral arti­fi­ciel à cer­tains pas­sages) et ensuite une réa­li­sa­tion inégale qui manque par­fois de rythme.

Du coup, c’est film sym­pa­thique, qui pro­fite de quelques ful­gu­rances géniales, mais qui ne par­vient pas à impli­quer tota­le­ment le spec­ta­teur.