Quatre garçons dans le vent

de Richard Lester, 1964, ****

Ils sont quatre, ils ont les che­veux longs, ils jouent de la musique et où qu’ils aillent, des hordes de filles déchaî­nées leur courent après. Il y a John, intel­lo indis­ci­pli­né, Paul, mignon moqueur, George, grand dadais pué­ril, et Ringo, timide cabo­chard. Il y a aus­si le grand-père de Paul, per­vers mani­pu­la­teur, et Norm, pro­duc­teur char­gé de faire en sorte que tout ce petit monde arrive sur les pla­teaux de télé­vi­sion et les scènes de concert à l’heure.

Dans ce film, cha­cun des Scarabéas¹ se cari­ca­ture lui-même, et l’ensemble fleure la sin­ge­rie bon enfant bien plus que le film digne de ce nom. Le comique emprunte à Chaplin, Keaton, Laurel et Hardy et pré­fi­gure quelque part la grande mode des années 70–80 (qui nous a lais­sé quelques chefs-d’œuvre comme Les bidasses en folie, Les sous-doués ou P.R.O.F.S.). Dire que ça vole haut serait men­tir, mais cer­tains gags sont fran­che­ment bien trou­vés, le grand-père et le réa­li­sa­teur sont impayables, les vannes fusent à un beau rythme, et les inter­mèdes musi­caux rap­pellent que les Beatles², c’était quand même pas mal du tout.

Dans l’ensemble, cette comé­die lou­foque est sen­si­ble­ment moins bar­rée que Yellow sub­ma­rine, mais aus­si sen­si­ble­ment mieux menée, et c’est un vrai bon moment de détente.

¹ Le Comité pro-tra­duc­tions foi­reuses dit que tant qu’à se mar­rer, si on rem­place « a hard day’s night » par « quatre gar­çons dans le vent», on peut aus­si tra­duire le nom du groupe, ah, ah, ah.

² Le Comité anti-tra­duc­tions foi­reuses dit que ouais mais bon, faut pas pous­ser non plus.

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