Rocky II

de Sylvester Stallone, 1979, **

Rocky, c’était le rêve américain version pas trop naïve quand même (on va pas jusqu’à voir un clodo détrôner le roi). Le deuxième volume, c’est la suite : la désillusion, le réveil, la gueule de bois qui suit la jouissance. Satisfait d’avoir tenu la distance et d’être le premier à avoir réellement fait trembler Apollo Creed, Rocky Balboa est convaincu d’avoir gagné le gros lot et de pouvoir monnayer tranquillement son image ; las, il s’avère trop crétin pour ne serait-ce que faire un spot de pub potable — réalisateurs et scénaristes s’arrachent les cheveux et le résultat reste encore pire que les pubs Cristalline de Guy Roux. Ses contrats télés sont donc révisés, ses revenus s’effondrent, et il n’a pas d’autre solution que retourner faire des boulots adaptés à son niveau intellectuel comme charcuter des carcasses de viande ou nettoyer le gymnase. Ou bien, il peut accepter un second match contre Apollo, toujours homme de pub, toujours imbu de son image, qui souhaite remettre les pendules à l’heure en remportant un vrai résultat indiscutable au lieu d’une pauvre victoire aux points sur décision non-unanime du jury.

Bon, le problème de Rocky II, c’est que seule la première demi-heure profite de ces enjeux et creuse un peu sa relation avec Adrian. Le reste est une simple resucée du premier opus, avec les mêmes forces (un montage plutôt réussi qui assure un bon rythme) et les mêmes faiblesses (des combats filmés de loin, peu immersifs et risibles tellement Stallone n’a jamais l’attitude d’un boxeur et tellement Weathers et lui réagissent avant d’être touchés).

Du coup, au bout du compte, ça se regarde sans déplaisir, c’est pas aussi mauvais que Rambo 2 : la mission, mais ça vole vraiment pas haut.