Le dernier combat

de Luc Besson, 1983, **

Si on vous dit « film français moderne en noir et blanc et muet », vous allez forcément citer The artist. C’est oublier qu’avant d’être vieux, lourd et facile, Besson a été jeune, fin et audacieux. Jeune réalisateur-scénariste, il a pondu du muet noir et blanc en guise de tout premier long-métrage ; mais lui n’a pas fait un méta-film grandiose au sujet du cinéma, mais un truc moderne, dans le genre post-apocalyptique en vogue à l’époque, avec une remarquable économie de moyens.

Est-ce admirable ? Oui et non. D’un côté, fallait oser. Tout cinéaste a un jour rêvé de faire un film radicalement différent, qui change complètement les codes narratifs et crée un univers singulier. Besson, lui, l’a fait, comme peu ont pu le faire avant lui.

D’un autre côté, Le dernier combat n’est pas une grande réussite. Passée l’audace formelle, il reste avant tout un certain manque de scenario, une inconstance de construction et une impression de bordel sans vrai fil conducteur.

On peut en fait penser à Spielberg et à son Duel, qui faisait preuve d’une grande audace et d’une certaine virtuosité mais restait franchement super chiant. Le parallèle est assez évident : des premiers films osés, porteurs d’une certaine vision, mais ratés, et qui restent largement à part du reste de la production de leurs auteurs.

Et que, quelques décennies plus tard, on continue à regarder comme des curiosités en se disant qu’il y a quelque chose — mais juste quelque chose.