Pacific rim

de Guillermo del Toro, 2013, ***

Y’a plein de bons points dans Pacific rim. Le premier : enfin, un scénariste s’est demandé pourquoi on allait chercher un ancien pilote traumatisé et désabusé plutôt que d’en former un nouveau ! « Raleigh, on a besoin de vous » sonne tout de suite vachement mieux quand on prend soin de nous expliquer que les pilotes sont tombés comme des mouches (donc y’a pas d’autre personne expérimentée sur le marché), que les crédits ont été coupés (ce qui doit forcément limiter le budget embauche et formation), et que le héros partage un point commun unique avec le boss (ce qui lui fait peut-être passer les sentiments avant la raison).

Ensuite, il y a cette histoire de télépathie, au cœur de l’intrigue, un peu tarabiscotée mais qui justifie le deuxième gros cliché : le héros et l’héroïne qui se retrouvent ensemble dans la même mission.

Enfin, il y a une forme d’auto-dérision dans le choix des à-côtés, le charmant Hannibal Chau en tête — trafiquant, malhonnête, caricatural, exagéré, et qui vient renforcer le côté manga du film.

Ah oui, parce que franchement, les monstres à la Godzilla et les robots géants façon Goldorak, ça fait quand même très, très manga. On peut pas passer à côté, au point qu’on trouverait presque ça plus naturel si c’était un anime plutôt qu’un film.

Sorti de cela, les acteurs font leur boulot, sans plus, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard mais a le bon goût de ne pas se prendre au sérieux, la réalisation est rythmée et plutôt réussie, les scènes d’action sont parfois un peu trop bordéliques et spectaculaires mais regorgent de détails amusants ou originaux…

Bref, au final, Pacific rim n’est pas un chef-d’œuvre mais, pour un film de genre, il est plutôt réussi et il existe en tout cas bien pire.