Sous surveillance

de Robert Redford, 2012, ***

Quand Sylvester Stallone réunit des copains his­to­riques pour faire un film sur leur image vieillis­sante, ça donne plein de gros bras qui cognent avec quelques jeu­nots bien bour­rins. Quand Robert Redford réunit des copains his­to­riques pour faire un film sur leur image vieillis­sante, ça donne donc logi­que­ment des anciens acti­vistes qui s’interrogent avec quelques jeu­nots qui cherchent.

Voilà donc l’enjeu de Sous sur­veillance¹ : que sont deve­nus les enga­ge­ments roman­tiques contre la guerre du Vietnam, plus de trois décen­nies plus tard ? Que deviennent les alliances pas­sées, les ami­tiés nouées, les idéo­lo­gies adop­tées, confron­tées à l’âge et aux nou­veaux enga­ge­ments fami­liaux ? Et qu’en est-il de la rédemp­tion quand on a pas­sé trente ans en cavale ou sous un nom d’emprunt ?

Le petit incon­vé­nient, c’est que cer­tains mor­ceaux sont cou­sus de fil blanc. Par exemple, on sait à la seconde où l’on voit la pho­to de Mimi jeune quel sera le der­nier rebon­dis­se­ment du film, les regards croi­sés entre ex-anar­chistes et néo-jour­na­liste sont sur­vo­lés…

Ça ne masque pas tout à fait les ques­tions inté­res­santes que le scé­na­rio sou­lève, qu’il s’agisse du choix de publier ou pas un article, des limites éthiques du jour­na­lisme d’investigation, de la culpa­bi­li­té et de la las­si­tude de l’âge ou même de la res­pon­sa­bi­li­té vis-à-vis de ses enfants.

Et puis, il y a un cas­ting ahu­ris­sant, une gale­rie rare d’acteurs de très grande qua­li­té sou­vent habi­tés par leurs per­son­nages, et une pho­to et un mon­tage soi­gnés.

C’est juste que tout cela aurait méri­té un scé­na­rio plus fouillé, moins évident, moins pré-mâché en somme.

¹ Titre fran­çais étrange, le titre ori­gi­nal étant The com­pa­ny you keep et le film par­lant effec­ti­ve­ment bien plus de com­pa­gnie et de rela­tions res­sus­ci­tées que de sur­veillance…

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