Flight

de Robert Zemeckis, 2012, ***

Peut-on être un héros véri­table et, en même temps, un ivrogne invé­té­ré ? Y com­pris dans un métier où les psy­cho­tropes sont très, très mal vus ?

C’est tout l’en­jeu de Flight, qui oscille entre film-catas­trophe (lar­ge­ment ins­pi­ré du crash du vol Alaska Airlines 261), enquête poli­cière (le NTSB et l’en­quête sur les causes de l’ac­ci­dent sont au cœur de l’in­trigue), por­trait d’an­ti-héros (le pilote qui a réus­si une manœuvre incroyable mais dont la vie pri­vée et le foie sont en lam­beaux) et publi­ci­té pour les Alcooliques ano­nymes (la drogue c’est mal).

Bien réa­li­sé, bien joué, pro­fi­tant d’une excel­lente ges­tion du rythme et d’un bon équi­libre entre scènes comiques et tra­gé­die, Flight pour­rait être un excellent film jouant sur l’op­po­si­tion entre héroïsme affi­ché et mal-être inté­rieur. Le pro­blème, c’est la conclu­sion hau­te­ment pré­vi­sible et mora­li­sa­trice (la drogue c’est mal), sur-annon­cée dès le milieu du film.

Du coup, Flight pour­rait bien res­ter dans les annales pour sa toute pre­mière séquence, ver­sion fémi­nine de celle de Shame, plus que pour ses qua­li­tés de film psy­cho­lo­gique ou spec­ta­cu­laire.