Starbuck

de Ken Scott, 2011, ****

Ils sont 533. Et une cen­taine d’entre eux veulent connaître leur père, un cer­tain « Starbuck», don­neur très régu­lier d’une cli­nique du sperme.

David, lui, et le reje­ton le plus bal­lot d’une famille de bou­chers. Gentil, mal­adroit, gaf­feur, irres­pon­sable. Suffisamment irres­pon­sable pour avoir été plus de six cents fois se mas­tur­ber dans une cli­nique, pour 35 dol­lars la bran­lette.

Gérer un pro­cès pour conser­ver son ano­ny­mat, tout en se deman­dant qui sont ces enfants incon­nus, c’est pas simple. Surtout quand on est assez pué­ril pour se retrou­ver dans cette situa­tion…

Je crois que la comé­die qué­bé­coise pour­rait presque être clas­sée comme un genre à part, comme le polar fran­çais, le film d’horreur sué­dois ou (hélas) le film fami­lial fran­çais. En tout cas, il y a dans ce Starbuck quelque chose de la veine des Invasions bar­bares : une grande capa­ci­té à trai­ter sérieu­se­ment des sujets graves tout en enchaî­nant des scènes comiques jusqu’à l’hilarant, quelques gags récur­rents qui reviennent juste ce qu’il faut pour ne pas las­ser (ah, les « voi­là, tu dit ça à la Cour, exac­te­ment comme ça»…), une écri­ture très juste des per­son­nages et des dia­logues, du fun pour le plai­sir du fun et du drame par­fois tou­chant…

Un grand film ? On n’ira peut-être pas jusque là : pho­to banale, acteurs par­fois cabo­tins, trame glo­bale un peu atten­due çà et là, et on n’échappe pas à quelques pas­sages légè­re­ment mora­li­sa­teurs.

Mais une très belle comé­die, amu­sante, rafraî­chis­sante, et pas si bête qu’on pour­rait le croire, ça, oui.

À part ça, juste une ques­tion comme ça : faut pas être un peu vicieux pour sous-titrer en fran­çais un film tour­né en fran­çais ?

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