L’âge de glace : la dérive des continents

de Steve Martino et Mike Thurmeier, 2012, **

C’est tou­jours un exer­cice déli­cat que de four­nir une suite à une série d’exception. Dans le cas de L’âge de glace, les auteurs ont pris soin de réin­ven­ter leur uni­vers à chaque opus, le fai­sant oscil­ler entre humour et action en adop­tant des thèmes aus­si variés que l’humanité, l’amitié, l’identité, la vieillesse ou la famille.

Ou plu­tôt, avaient pris soin.

La dérive des conti­nents ne reprend pas cette appré­ciable finesse. Ici, le deuxième niveau de lec­ture n’est pas élé­gam­ment ame­né sous une forme dis­crète et inté­grée aux délires des créa­teurs ; il est bru­ta­le­ment posé, dès les pre­mières scènes, sous la forme d’un conflit patent entre père et fille, qui n’est qu’un calque par­fait de tous les cli­chés sur le sujet ― avec des dia­logues dignes de Premiers bai­sers, en prime. C’est ridi­cule, dépour­vu de la moindre ori­gi­na­li­té, ter­ri­ble­ment conforme à l’idée amé­ri­caine de la famille idéale et de la par­faite crise d’adolescence.

Même chose pour les délires sur la pira­te­rie : on n’a plus une méta­phore déli­rante adap­tée à un uni­vers déjan­té, mais une pathé­tique enfi­lade de pon­cifs avec le très vilain capi­taine et le second vague­ment hon­teux qui va finir du côté clair de la force.

Le résul­tat n’est pas ennuyeux ― les mon­teurs et réa­li­sa­teurs ont trop de bou­teille pour ça ― mais manque ter­ri­ble­ment d’originalité ; c’est d’autant plus mal­heu­reux que l’originalité était jus­te­ment la signa­ture de la série. Et au final, La dérive des conti­nents est très clai­re­ment l’Âge de glace de trop.

Heureusement, Scrat arrive encore à sau­ver un peu l’affaire et à bien faire mar­rer le spec­ta­teur. Sans ce cré­tin qui court après son gland, on serait car­ré­ment res­té dans le « piètre ».

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