The Avengers

de Joss Whedon, 2012, ***

Après deux Hulk, deux Iron man, un Captain America et un Thor, il était logi­que­ment temps de réunir tous ces braves gens dans le syn­cré­tisme mar­vé­lien ultime : les Avengers.

Le résul­tat est, pour faire sim­ple­ment, le meilleur des films de super-héros Marvel sor­tis ces dix der­nières années. Bon, vu le niveau, c’était pas très com­pli­qué, mais tout de même : les rela­tions entre ces dif­fé­rents connards égo­cen­triques, ame­nés par la force des choses à bos­ser ensemble, sont très amu­santes à obser­ver.

Bien sûr, tout le film tient exclu­si­ve­ment grâce à un ingré­dient : le comique de bas étage, qu’il s’agisse des agres­sions ver­bales plus ou moins nar­quoises qui rythment les échanges de Stark (patron mil­lion­naire hi-tech), Rogers (sol­dat décon­ge­lé direc­te­ment des années 40) et Banner (scien­ti­fique altruiste) ou de situa­tions hila­rantes (la ren­contre entre Hulk et Loki, qui vous plie une salle de ciné en quatre pen­dant cinq minutes). Le réa­li­sa­teur joue par ailleurs sou­vent sur le « deuxième effet Kiss Cool», en pré­pa­rant soi­gneu­se­ment une scène pré­vi­sible pour la démo­lir par sur­prise au moment oppor­tun, ce qui est la recette d’une bonne comé­die.

Tout cela est bien ser­vi par des acteurs glo­ba­le­ment à la hau­teur : Downey, tou­jours aus­si ado­ra­ble­ment détes­table, forme un duo éton­nant mais très amu­sant avec Evans, et un autre encore plus déton­nant avec Ruffalo (sur qui j’aurais pas misé un sou, mais qui fait fina­le­ment bien plus que s’en sor­tir). Il y a bien sûr tou­jours quelques pro­blèmes de cas­ting, et je dirais volon­tiers que Chris Hemsworth joue moins bien que son mar­teau si je n’avais pas peur que le mar­teau soit vexé par la com­pa­rai­son…

L’histoire, en revanche, est tout à la fois capil­lo­trac­tée et plu­tôt décou­sue, avec plein de scènes spec­ta­cu­laires plu­tôt réus­sies mais un peu gra­tuites, et la trame glo­bale est d’une ori­gi­na­li­té folle : un lot de salo­pards égo­cen­triques doivent bos­ser ensemble, mais ils passent leur temps à s’engueuler. Puis le type qui les a réunis se fait buter par la Némésis locale, alors d’un coup ils deviennent une vraie équipe, et à la fin ils gagnent en rayant New York de la carte, voi­là.

En résu­mant, The Avengers est une comé­die super-héroïque amu­sante, glo­ba­le­ment bien fichue, et même si ça n’en fait pas un grand film, c’est beau­coup mieux que les pré­cé­dents opus de la mai­son Marvel.

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