Young adult

de Jason Reitman, 2012, *

Jason, bon Dieu, depuis quand fais-tu dans l’auto-parodie ? Depuis quand reprends-tu le cynisme de Thank you for smoking, la puérilité de Juno, l’égocentrisme de In the air, et construis-tu un film avec cela pour seuls ingrédients ?

Bien sûr, il y a des scènes réussies. Bien sûr, on rit parfois, souvent avec un grincement de dents au passage. Et bien sûr, c’est superbement interprété (j’ai pas vu Monster, mais pour le reste, c’est de loin le meilleur rôle de Charlize Theron).

Mais c’est quoi, cette morale de merde ? Le monde se divise entre connards et bouseux, et faut surtout pas les mélanger, c’est ça ? Évidemment, le personnage principal est hautement antipathique, comme souvent chez Reitman ; mais où sont la finesse, la fascination, la construction de Nick Naylor et Ryan Bingham ? Là, on a juste une salope puérile et égocentrique, qu’on a envie de baffer dès les premières scènes et qui ne fera qu’encourager ce sentiment tout au long du film. Et les gens qui l’entourent sont soit des crétins, soit des vilains, seule l’épouse du galant étant un peu plus évoluée (pour les trente secondes où on la voit…).

Le meilleur résumé du film, en fait, c’est Renaud Séchan qui l’a écrit il y a très longtemps : « y’a l’espèce de pouffiasse, celle qui bosse dans la pub : l’hiver à Avoriaz, le mois d’juillet au club. Comme toutes les décolorées, elle a sa Mini Cooper ; elle allume tout l’quartier quand elle sort son cocker ».

Bref, voilà un douloureux échec, lourd, misanthrope, hautain et méprisant. Jason, franchement, tu vaux mieux que ça.