Cowboys & envahisseurs

de Jon Favreau, 2011, ****

La bande-annonce est claire : bor­del, c’est quoi ce truc ? Des gusses en stet­son, Frontier à la cein­ture et Winchester à la main, et des vais­seaux extra-ter­restres qui leur tirent des­sus… Oô

Le film est tout aus­si clair : bor­del, c’est quoi ce truc ? Un vrai wes­tern qui tache, repre­nant fidè­le­ment tous les codes du wes­tern et du spa­ghet­ti — les gros plans en légère contre-plon­gée, le fuyard qui assomme un she­rif et dix adjoints dans un bis­trot, l’éleveur prêt à tout pour accroître sa richesse et qui consi­dère que la ville lui appar­tient, tout ça, tout ça…

Et aus­si une reprise de La guerre des mondes et de Disparition (série télé de Spielberg), avec des vais­seaux qui mas­sacrent et enlèvent des gens et des aliens qui attaquent la popu­lace.

Ça pour­rait être nul. Il y a tous les ingré­dients pour le grand n’importe quoi, à com­men­cer par le mélange de deux genres plu­tôt dif­fé­rents — SF et wes­tern, futu­risme et pas­séisme réunis…

Curieusement, ça passe plu­tôt bien. Il faut par­tir du prin­cipe que l’on ne vient pas pour se culti­ver, que le scé­na­rio est allé­gé à faire pâlir Dukan et que c’est un pur diver­tis­se­ment, mais le côté grand n’importe quoi est assu­mé jusqu’au bout, Craig est très bon, Carradine tou­jours irré­pro­chable et Ford plus sobre, plus sombre, mais peut-être meilleur encore que d’habitude — sauf bien sûr si vous avez vu Droit de pas­sage.

Bref, si vous aimez les bons acteurs, les belles pho­tos, le diver­tis­se­ment débar­ras­sé d’alibis intel­los, et que vous pou­vez igno­rer déli­bé­ré­ment un bon lot d’invraisemblances, vous devriez pas­ser un très bon moment.