Hanna

de Joe Wright, 2011, ****

Quinze ans après sa disparition, un fuyard de la CIA redonne signe de vie. Les agents envoyés sur place ne trouvent que sa fille, Hanna, qui veut parler à Marissa, une des pontes de l’agence…

Hanna, c’est un grand classique. C’est la créature de Frankenstein, c’est Vendredi, c’est X5-452, c’est V… Mais Hanna est aussi un film original, basé sur l’adaptation à la jungle — tuer ou être tué, s’alimenter et se protéger indifféremment dans les steppes, dans l’Atlas ou sur les routes ibériques —, sur une classique histoire de fuites et de poursuites, mais aussi sur la découverte de l’innocence : Hanna, entraînée à la manière des agents de la CIA, n’a jamais appris à apprécier une caresse ou à gérer une amitié naissante, et le film en devient parfois une sorte de quête initiatique inversée.

Il faut souligner une bande-son assez sobre, un rythme bien géré alternant course-poursuites, combats, huis clos ou contemplation de grands espaces, et une grande interprétation du premier rôle : Saoirse Ronan a peut-être un prénom inhabituel, mais je suis prêt à parier qu’on apprendra quand même à le prononcer dans les années qui viennent.

Côté légèretés, il faut admettre que le reste du casting n’est pas toujours extraordinaire, même s’il fait son boulot correctement ; que le scenario n’est pas toujours extrêmement fouillé et qu’on peut avoir l’impression que l’auteur cherchait surtout un prétexte pour dérouler son plan, sans trop savoir comment intégrer l’histoire du père d’Hanna et de sa naissance ; que la photo est assez banale et certains retournements un peu prévisibles…

Mais le réalisme sombre du film, le rythme narratif soigné, l’interprétation de Saoirse et le superbe double sens de la réplique finale méritent amplement qu’on contourne ces petits écueils.