Fast and furious 5

de Justin Lin, 2011, ***

Mais dis-moi, Loulou, t’as encore grossi ? Ah non, c’est du muscle ?

Renaud, Loulou

J’avais vu Fast & furious, il y a longtemps. Puis, 2 fast 2 furious, suite ratée dont je n’ai vu la dernière partie (passé le premier quart d’heure, à peu près) que d’un œil extrêmement distrait en naviguant sur Internet en même temps. Après, ben… j’ai toujours cru que Fast & furious : Tokyo drift était un jeu vidéo, et je viens d’apprendre qu’il y avait eu un quatrième épisode.

Là, surprise et intérêt : ce nouveau Fast and furious 5 est étonnamment bien noté. Il est même en tête des notations des spectateurs d’Allociné, délogeant (enfin) Le discours d’un roi de la première place. Du coup, j’y suis allé, avec l’espoir insensé de passer enfin un bon moment avec un gros truc musclé et décérébré, les bons films des dernières semaines étant plutôt intellos.

Alors bon, la recette, elle est simple. Vous prenez des biceps, des filles avenantes, des biceps, des voitures et vous rajoutez une couche de biceps. Vous mettez le tout dans un shaker, vous cassez deux bonnes centaines de caisses en essayant de varier autant que faire se peut la cinématique des impacts, vous saupoudrez d’un soupçon d’intrigue (mais pas trop, faut pas perdre le spectateur), vous servez chaud.

Le jeu des acteurs n’est pas d’une subtilité phénoménale (Vin, fais-nous la colère… Fais-nous la tendresse… Pourquoi t’as toujours la même tête ? Oo ), la photo est banale en dehors d’une paire de plans plus soignés, mais on est là pour voir des cascades et il y en a. Ça commence d’ailleurs très fort avec un Oshkosh HEMTT extrêmement modifié (raccourci de la moitié de sa longueur, équipé d’un moteur chevrolet et de ponts-portiques pas d’origine) qui attaque un train…

Alors voilà, ça pète dans tous les sens, c’est réalisé sans temps mort et monté frénétiquement sans pour autant que les scènes d’action deviennent illisibles (c’est assez rare de nos jours pour être souligné), le bouquet final est énorme (et la scène suivante est celle de trop, mais c’est une autre histoire)… Le scénario tient sur une feuille de PQ, mais c’est fun, déjanté, et occasionnellement drôle — parfois volontairement, parfois non, comme quand on voit Diesel et Johnson courir sur les toits des favelas et qu’on se rend compte qu’autant de muscles, c’est finalement plus handicapant qu’utile.

Donc, pourquoi pas ?