True grit

de Joel et Ethan Coen, 2010, ****

Enfin !!! Après deux opus ratés (Burn after rea­ding, truc mol­las­son vague­ment chiant, et A serious man, sombre merde qui tourne à vide), j’ai enfin retrou­vé mes Coen. Ceux qui ont fait O’Brother, where art thou ?, Intolérable cruau­té, Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

True grit est un wes­tern. Un vrai. Avec des per­son­nages à poigne, comme son titre le sug­gère : un mar­shall, un ran­ger et une jeune fille chassent un assas­sin, et ça plai­sante pas beau­coup. L’un est un ivrogne qui méprise les Texans, l’autre est un Texan qui méprise les ivrognes, et la troi­sième n’a pas d’autre choix que de sup­por­ter ces deux bou­lets pour aller cher­cher leur cible en ter­ri­toire hos­tile.

On se marre beau­coup moins que dans la plu­part des Coen, mais il ne faut pas oublier que Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme n’était pas vrai­ment hila­rant non plus… Et on rigole quand même un peu, par­fois, quand le sale carac­tère des deux mâles (oui, le sexe « fort » ne sort pas gran­di du film) les amène à la confron­ta­tion directe notam­ment.

Acteurs impec­cables, pho­to soi­gnée, rythme super­be­ment géré, vrai sce­na­rio (vous savez, le truc qui man­quait aux deux der­niers Coen), vrais per­son­nages, vrais canas­sons, foule de détails pas néces­saires à l’histoire mais réa­listes (le den­tiste qui troque un cadavre à un Indien pour récu­pé­rer les dents…), pas de vrai rebon­dis­se­ment mais une pro­gres­sion impla­cable vers un final dur, loin des hap­py ends qui pul­lulent chez d’autres…

Un grand wes­tern, à mon humble avis, même s’il manque un peu de la réflexion sur le sens de la vie et de la jus­tice qu’on pou­vait trou­ver dans Impitoyable et Open range : ici, c’est un peu le pos­tu­lat de départ que Tom Chaney mérite une balle et pis c’est tout.

Mais y’avait long­temps que j’avais pas goû­té un aus­si bon Coen.