Une famille très moderne

de Josh Gordon et Will Speck, 2010, ***

Énième variation sur la comédie romantique new-yorkaise, vous savez, celle des célibataires trentenaires qui s’aiment mais préfèrent chercher des aventures ailleurs que se l’avouer en face. Élément moins habituel : la présence d’un gosse que sa mère a fait toute seule, qui fait de ce film la deuxième comédie romantique d’insémination artificielle de l’année après le nullard Le plan B.

Sauf qu’ici, ça passe, parce que Jennifer Aniston est quand même meilleure actrice de Jennifer Lopez (y’a pas de mal…) et que Jason Bateman donne à son habitude une dimension peu commune à son personnage — un trentenaire new-yorkais célibataire un peu névrosé et plutôt cyclothymique.

Mais ce qui fait que ça passe, surtout, c’est la relation entre Wally et Sebastian, le fils de l’héroïne. Cette partie-là est un peu minée par une mise en place trop lourde — visant sans doute à bien faire comprendre au plus lourd des crétins que celui-ci est le fils biologique de celui-là —, mais elle s’allège et s’affine très rapidement, même si l’on n’échappe pas à quelques inévitables clichés.

Bon, si j’étais à la place du réalisateur, j’aurais évité le happy-end téléphoné. Y’avait moyen de poser deux « cuts » bien meilleurs, l’un franchement brutal que j’aurais adoré voir (juste après le « j’ai fait ce qu’il fallait et je les ai perdus », spoiler, sélectionnez pas le texte caché ci-contre) et un un peu plus réaliste qui aurait pu faire une excellente fin à une comédie romantique « pas trop » romantique (juste après le « tu pourras le voir quand tu veux, mais à mes conditions »).

Mais ça reste potablement réalisé, bien joué, correctement scénarisé, et dans l’ensemble assez fréquentable.

Ah si, quand même, un truc inadmissible : j’attends qu’on m’explique comment Aniston et Bateman pourraient avoir un enfant aux yeux marron. Les responsables de casting pourraient arrêter de sécher les cours de biologie, ça ferait du bien à tout le monde.