Greenberg

de Noah Baumbach, 2009, ***

Bon, dégommons tout de suite une idée reçue : oui, il y a Ben Stiller mais non, il n’est pas mauvais. Et non, ceci n’est absolument pas une comédie, même si on fait parfois semblant de rire.

Ex-Californien installé à New-York et sortant d’une lourde dépression, Roger Greenberg profite d’un mois de vacances de son frère, sa belle-sœur et ses neveux pour se mettre au vert dans la villa de ceux-ci à Los Angeles. Il a la ferme intention de ne rien faire, sinon construire une niche pour le chien histoire de justifier son mois de squat. Il retrouve ses amis d’enfance, avec lesquels il jouait de la musique dans les bouges locaux dans ses années de fac avant d’envoyer bouler un éditeur intéressé, et croise Florence Marr, jeune femme qui s’occupe des tâches quotidiennes pour les Greenberg. Lui, paumé, 41 ans, elle, paumée, 25 ans : ils font des trucs de paumés, s’envoient en l’air presque accidentellement (avec au passage une scène de lit qui ferait retomber les ardeurs d’un régiment de légionnaires en campagne depuis six mois), et se déchirent copieusement.

Parce que forcément, quand on sort d’un séjour en HP et qu’on essaie de se remettre d’une dépression et de l’impression d’avoir soigneusement foutu sa vie en l’air, on ne tombe pas sur une minette dans le même état sans se faire mal et lui faire mal — « hurt people hurt people », c’est l’adage qui résume le mieux le film.

C’est assez réaliste une fois le point de départ adopté, glauque, perturbant, profondément déprimant, parfois très drôle mais toujours de manière fort grinçante, et s’il traîne une lueur d’espoir dans ce film, c’est uniquement selon le principe qu’une fois le fond atteint, on ne peut plus que remonter…

Ah, et y’a un truc très rare dans le cinéma américain, que j’avais à peine vu survoler dans Juno, qui est ici traité avec sérieux et jusqu’au terme, mais je peux difficilement en dire plus sans révéler un élément important de l’intrigue.