Bus Palladium

de Christopher Thompson, 2009, ****

Ils sont jeunes, ils jouent de la guitare, de la batterie, de la basse, et ils font de la musique. Manu, avec son physique à la François Cevert, ses attitudes à la Jim Morrisson et sa voix à la Jean-Louis Aubert, est leader naturel, mais aussi un peu instable ; heureusement, Lucas, premier guitariste et ami d’enfance, a mis en suspens sa carrière débutante d’architecte pour jouer avec le groupe — car il est celui qui reste, qui est là, sur qui on peut s’appuyer, qui s’assied sur sa frustration et assure pour l’autre.

Hélas, le serpent va s’insinuer lorsque Lucas rencontre Laura, immédiatement séduite par Manu. Laura n’est pas une groupie — son discours à ce sujet n’est pas sans rappeler celui de Penny dans Presque célèbre —, mais elle est magnétique, fugace et dangereuse (Elisa Sednaoui, mannequin dans la vraie vie, a il est vrai un physique adéquat) : elle sera la frustration de trop pour Lucas, la fascination ultime pour Manu, et ne fera elle-même rigoureusement rien pour arrondir les angles.

Rassurez-vous, même si le trio amoureux/haineux principal est au centre de l’intrigue, il n’est pas omniprésent. Le film inclut quelques très belles scènes, des hommages appuyés aux groupes de rock des années 80 (le film n’est pas précisément daté, mais on sent l’ombre de Téléphone malgré un ou deux morceaux très Led Zep de la fin des années 70 et un zeste de Bowie), et d’excellents morceaux de bon vieux rock comme on l’aime.

Et au final, j’ai passé un très bon moment, même si j’ai plusieurs fois eu envie de buter Laura et de gifler ses deux soupirants. Ou parce que j’ai eu envie…