Crazy heart

de Scott Cooper, 2009, ****

nota : pour accom­pa­gner la lec­ture

« I was born Bad. » Bad Blake est chan­teur de coun­try, espèce d’êtres bizarres appré­ciant ce genre de jeux de mots, sortes de hip­pies cras­seux qui roulent de bar en bar pour chan­ter de la musique qu’ils aiment, qui vient de là, qui vient du blues, et pas­ser le temps en buvant plus que de rai­son et en pro­fi­tant des faveurs de celles que, dans le monde du rock, on appel­le­rait des grou­pies.

Bad a son public, après quelques tubes réus­sis dans les années 70, et il passe de bar en bar pour jouer avec les groupes locaux, sou­vent mau­vais, par­fois bons, en pro­fi­tant de sa petite noto­rié­té. Mais un jour, il s’endort au volant, sa Chevrolet Silverado Suburban ’78 fait un ton­neau et il se réveille à l’hôpital… Qui appe­ler ? Jean, la jour­na­liste qui l’a inter­viewé peu avant et avec qui il avait sym­pa­thi­sé, est la pre­mière à répondre.

C’est un film de coun­try, qui a bien enten­du quelques points com­muns avec l’un meilleurs Eastwood. Mais c’est aus­si une his­toire d’amour entre gueules cas­sées — l’ivrogne dont la vie passe de bar en bar, la mère céli­ba­taire déci­dée à ne plus se faire avoir… Et dans cet aspect-là, c’est peut-être de l’excellentissime The wrest­ler — le choc de l’hiver 2009, avec un Mickey Rourke comme on ne l’avait jamais vu — que Crazy heart se rap­proche le plus.

Et puis, il y a les his­toires d’argent, les rap­ports avec son agent, avec ce petit con qu’il a lan­cé, qui est deve­nu une super­star, qui fait encore de la vraie coun­try music mais ne l’avouera jamais — et dont Bad doit assu­rer la pre­mière par­tie… Et la page blanche, ou son équi­valent musi­cal, comme toile de fond.

C’est un peu glauque, sou­vent déses­pé­ré, par­fois atten­dris­sant, géné­ra­le­ment fort. Pas tota­le­ment bou­le­ver­sant, mais vrai­ment fort.

Et la musique est super.

Mise à jour : il sem­ble­rait que l’Académie amé­ri­caine soit d’accord avec moi sur un ou deux détails. Jeff Bridges, qui incarne Bad Blake, a obte­nu l’Oscar du meilleur acteur, et sur­tout The wea­ry kind de Ryan Bingham a obte­nu celui de la meilleure chan­son ori­gi­nale.

J’ai pas trou­vé sur Deezer, donc je vous colle le clip. Ouvrez vos esgourdes, y’a des vrais mor­ceaux de blues dedans. Et c’est peut-être la meilleure bande-annonce que le film puisse avoir. -_^