In the air

de Jason Reitman, 2009, ***

Ryan a un métier : son entreprise accompagne les licenciés. Autrement dit, il gagne sa vie en annonçant leur éjection à des gens dont le patron n’a pas les couilles de le faire lui-même — comme Brad — et en leur filant une plaquette sur le reclassement pour leur faire passer la pilule. Pour cela, il navigue sans attaches d’un bout à l’autre des États-Unis, sa vie tenant dans une valise à roulettes et une carte de fidélité chez Americain Airlines — qui doit bientôt fêter ses 16 millions de kilomètres sur la compagnie.

Son petit monde est menacé lorsque son entreprise embauche Natalie, une petite jeune aux idées neuves qui la convainc de passer à la vidéoconférence : tous les licenciements doivent se faire depuis le siège d’Omaha. Ryan doit partir pour un dernier voyage, au cours duquel il montrera le boulot à Natalie et espère la convaincre d’abandonner le licenciement par ADSL.

Pourquoi ça marche ? Parce que les personnages sont assez stéréotypés pour qu’on puisse précisément jouer sur leurs stéréotypes (même si Reitman en jouait bien plus finement dans Juno, dont je commence à croire que ça restera son chef-d’œuvre). Parce que les dialogues sont soignés. Parce que le rôle principal est tenu par un George Clooney au sommet de sa forme, qui a précédemment connu un truc du même genre dans l’admirable Intolérable cruauté des frères Coen. Parce que les rôles secondaires sont superbement portés, de manière assez habituelle pour Jason Bateman et Vera Farmiga, plus surprenante pour Anna Kendrick, aussi impeccable ici que transparente dans Twilight.

Vous avez fait les comptes ? Oui, voilà une petite tragi-comédie américaine sans histoire, portée par ses acteurs et des répliques qui fonctionnent. Ajoutez une pincée de retournements attendus mais efficaces, et vous avez deux petites heures agréables quoique sans révolution.