Away we go

de Sam Mendes, 2009, ****

Deux futurs parents l’ont déci­dé : puisque les futurs grands-parents démé­nagent à l’autre bout du monde, plus rien ne les retient chez eux. Autant faire gran­dir leur fille dans un endroit plus sym­pa­thique, à côté d’amis ; les voi­là donc sur la route, tra­ver­sant l’Amérique du Nord de ville en ville pour trou­ver le meilleur envi­ron­ne­ment pos­sible.

Le pro­blème de Sam Mendes, c’est que j’ai pris l’habitude d’attendre énor­mé­ment de lui. C’est le genre d’élève auquel on est déçu le jour où on met 16/20, parce qu’il a eu 19,5 à sa pre­mière copie et n’est jamais des­cen­du sous les 18 depuis. Du coup, Away we go n’est « que » excellent — drôle, ima­gi­na­tif, bien fichu… — parce que l’étalonnage a été effec­tué il y a quelques années avec un chef-d’œuvre ahu­ris­sant bap­ti­sé American beau­ty.

Away we go est donc moins pro­fond, plus sim­ple­ment drôle, il tombe moins sys­té­ma­ti­que­ment juste à chaque phrase, la pho­to est moins abso­lu­ment impec­ca­ble­ment pen­sée à chaque plan… Mais d’un autre côté, il y a quelques trucs qui prennent à contre-pied et vous feront explo­ser de rire ou inter­ro­ger bru­ta­le­ment (comme le gosse dres­sé en singe savant par sa mère qui explique très sérieu­se­ment : « babies like to breathe, and they’re good at hiding it. I put a pillow over a baby. I thought she wasn’t brea­thing, but she was. She was snea­ky, but I’ll try again », qui occa­sionne un silence de plomb dans la salle pen­dant deux secondes, le temps que les spec­ta­teurs com­prennent ce qu’il vient de dire), le film ne se contente pas du simple et du super­fi­ciel, les acteurs sont impec­cables, la pho­to est par­fois superbe, bref, le jour où un autre réa­li­sa­teur nous fait ça, j’applaudirai des deux mains.

Et puis, faut abso­lu­ment le mon­trer aux futurs parents qui flippent, parce que ça leur fera com­prendre qu’ils seront lar­ge­ment meilleurs que beau­coup d’autres. ^^