Six pieds sous terre

de Alan Ball, 2001-2005, ****

Veille de Noël 2000. Nathaniel Fisher, tentant d’oublier le raout familial qui se prépare, baise une inconnue, pendant que sa sœur Claire s’essaie de son côté aux méthamphétamines. C’est le moment que choisit un bus pour percuter de plein fouet le corbillard de leur père, l’envoyant immédiatement ad patres et laissant l’entreprise de pompes funèbres non seulement à l’héritier logique, David, qui masque son homosexualité sous une solide croûte de religion et travaille dans la société familiale depuis sa majorité, mais aussi… à Nathaniel, qui a fui cet environnement puant la mort à l’adolescence.

Il semble qu’écrire une histoire se déroulant dans des pompes funèbres implique un certain sens de l’humour noir et décalé. C’était le cas dans My girl, film pas moitié aussi mauvais qu’on le craindrait à première vue, ça l’est toujours ici. Du cynisme et du mauvais esprit, certes, mais dans une série qui n’est pas foncièrement comique et qui s’avère même plutôt intello et franchement psychologique — et pas seulement parce que la maîtresse de Nate a une relation plutôt ambiguë tant avec ses parents qu’avec son frère bipolaire.

Il y a aussi un certain nombre de références planquées çà et là, aussi connues que 2001, l’odyssée de l’espace (« you know I can’t do that, Dave ») ou aussi rares que Alice’s restaurant (« I want to learn to kill, kill, KILL »).

Au final, c’est correctement joué (même franchement dans le haut du panier, considérant qu’on parle de série américaine), scenarii et dialogues sont soignés et l’ensemble, tour à tour émouvant et amusant, est réussi.