Quelque chose à te dire

de Cécile Telerman, 2009, ***

Bon, faut que je fasse gaffe, je suis surveillé sur ce coup-ci : j’ai une collègue qui a bossé là-dessus avant de venir chez nous.

Autant le dire tout de suite, je suis pas forcément fan des films choraux familiaux. Et la tendance du cinéma français à ne produire que ça ces dernières années m’énerve un peu (quand on pense qu’on avait les meilleurs polars du monde…). Donc, au départ, sur le concept même, je suis pas forcément emballé.

Alors voilà. La photo est réussie, les dialogues sont absolument excellents (à la fois drôles et acerbes, avec une dose phénoménale de mauvais esprit qu’on ne peut qu’adorer), les acteurs sont impeccables (ce qui n’a rien d’étonnant vus leurs parcours respectifs), le montage est soigné et maintient un rythme bienvenu…

Mais voilà, rien de tout ça ne peut totalement sauver un scénario abracadabrant, ridicule par son acharnement à démontrer qu’on renouvelle toujours les erreurs de ses ancêtres biologiques, et par les rebondissements inévitables et convenus qui s’enchaînent précisément au rythme prévu. Du coup, c’est très simple : la sauce ne prend pas, et si l’on s’esclaffe bien entendu tout au long du film de dialogues savoureux servis par des comédiens époustouflants, on reste soigneusement en-dehors de l’histoire.

Au final, c’est pas désagréable, il y a quelques excellents moments, mais une fois sorti il n’en reste rien…

(Détail en passant : quand une partie de l’intrigue repose sur le fait que deux parents aux yeux bleus ne peuvent avoir un fils aux yeux noirs, mieux vaut prendre André Dussolier que Patrick Chesnais pour jouer le faux père.)