Eyes wide shut

de Stanley Kubrick, 1999, O

Stanley Kubrick et Antoine de Saint-Exupéry ont plu­sieurs choses en com­mun.

Tout d’abord, ils ont cha­cun créé quelques chefs-d’œuvres immor­tels, Le petit prince et Full metal jacket par exemple.

Ensuite, leurs œuvres se carac­té­risent par un sens assez par­ti­cu­lier du rythme qui per­met de dire que, même dans des œuvres d’un assez haut niveau, il est des moments où l’on ne peut s’empêcher de les trou­ver un peu chiants — ain­si de Vol de nuit ou de Lolita, le film où chaque plan dure exac­te­ment deux secondes de trop.

Enfin, ils ont tous deux com­mis un truc si nul qu’il m’a fal­lu m’y reprendre à deux fois pour en voir le bout. Pour Saint-Ex, ce fut Pilote de guerre. Pour Stan, pas de doute : c’est cet Eyes wide shut.

On pour­ra dire ce que l’on veut sur la qua­li­té des acteurs (Kidman, excel­lente, Cruise, éton­nam­ment bon jusqu’au moment où il doit pleu­rer — là , il retrouve son niveau des plus mau­vaises scènes de Cocktail), de la pho­to­gra­phie (Kubrick aban­donne sa sobrié­té habi­tuelle pour jouer avec les cou­leurs, très satu­rées, on aime ou on vomit), ou quoi que ce soit ; on devra néan­moins recon­naître que le sce­na­rio tient sur un ticket de métro et que la réa­li­sa­tion lym­pha­tique ne remonte en rien un film déses­pé­ré­ment plat. Je me moquais de Lolita, mais là , chaque plan dure exac­te­ment deux minutes de trop.

Enfin bon, ça y est, je l’ai vu. Une épreuve de moins à vivre.