Rocky III

de Sylvester Stallone, 1982, **

Rocky Balboa a été l’homme qui avait faim et vou­lait faire ses preuves. Mais après avoir mon­tré sa résis­tance (Rocky) puis pris la cein­ture (Rocky II), il est cham­pion du monde, riche (il a enfin réus­si à signer des contrats de pro­duits déri­vés où ses talents d’acteur ne sont pas un obs­tacle), et il est deve­nu un bour­geois vain et fai­néant. À sa pre­mière ren­contre avec un vrai adver­saire, il se fait dérouiller et perd son titre à la deuxième reprise, et c’est Apollo Creed qui va lui remon­ter les bre­telles et essayer de lui faire retrou­ver l’œil du tigre.

Le prin­ci­pal bon moment de cet épi­sode, c’est le match bâtard boxe-catch entre Rocky et Hulk Hogan, ce moment où le boxeur cré­tin s’avère inca­pable de com­prendre que le catch est un vrai sport et un vrai com­bat en plus d’être un spec­tacle et se laisse com­plè­te­ment débor­der, avant de four­nir un show sans le faire exprès.

L’ajout du per­son­nage bel­li­queux, égo­cen­trique et carac­té­riel de Clubber Lang n’est pour sa part qu’une demi-réus­site : Mr T. fait par­fai­te­ment son taf et cer­taines scènes sont vrai­ment sym­pas (c’est pas pour rien que « I don’t hate him, but… I pity the fool » a été un mème presque avant qu’on invente ce mot), mais d’autres versent dans la cari­ca­ture lour­dingue et son agres­sion sur Mickey Goldmill est sui­vie de dix minutes pesantes au pathé­tique ache­vé, encore moins digestes que le coma d’Adrian dans le deuxième tome.

Quant au com­bat final, ben… Y’a une très bonne recons­ti­tu­tion du célèbre Ali-Foreman de 1974 dans Ali de Michael Mann, ça sera fran­che­ment plus agréable à regar­der que la pâle imi­ta­tion qui clôt ce troi­sième Rocky.

Finalement, le meilleur point de Rocky III, c’est donc sans doute la nou­velle bande-son, Eye of the tiger étant une chan­son bien plus pêchue et adap­tée que Gonna fly now.