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spi­rale non-fibo­nac­cienne de Darren Aronofski, 1998

Parfois, on se demande com­ment naît un film. Et par­fois, on sait, ou du moins on sup­pose. Pour celui-ci, ça a dû don­ner un truc comme ça :

— Eh, les gars, j’ai un concept : un matheux qui cherche la struc­ture mathé­ma­tique de la bourse et qui part en vrille !

— Okay, mais t’as une his­toire avec ?

— Non mais j’ai un concept, c’est un mec obsé­dé par les chiffres qui fait des migraines, ça va être génial !

— Non mais un concept sans his­toire, ça a déjà été fait. Tu veux faire du Godard en fait ?

— Mais non mais j’ai un super concept, tu vas voir, c’est un type qui cherche des maths par­tout et qui trouve une suite qui fait griller son ordi­na­teur ! Allez, moteur, on tourne !

— Okay, mais à quel moment tu fais un film ? Tu sais, un film, avec une his­toire, un mes­sage, ce genre de trucs ?

— Mais t’as pas écou­té ? J’AI UN CONCEPT !

Max Cohen examine son appartement au milieu des ordinateurs
C’est quoi ça ? Oh mais c’est un embryon de scé­na­rio ! Si on le lais­sait gran­dir, ça pour­rait faire un film ! — pho­to Protozoa Pictures

Voilà com­ment Darren a fait son pre­mier long-métrage, qui tourne autant en rond que son per­son­nage et a pour seul et unique inté­rêt de pré­fi­gu­rer les obses­sions que le scé­na­riste-réa­li­sa­teur met­tra à pro­fit quelque temps plus tard, vous savez, quand il fera des films.