Les années campus
de Judd Apatow, 2001-02, ***
Imaginez une seconde : vous entrez en première année de fac, vous n’avez aucune idée de quelles matières choisir1, votre colocataire anglais est un incorrigible dragueur mâtiné de hooligan, la fille avec qui vous passez la nuit s’avère avoir un copain, et votre père qui vient de se faire jeter par votre mère ne trouve rien de mieux à faire que de traîner sur le campus nuit et jour.
Telle est la vie de Steven Karp, dont on va suivre les déboires tout au long de l’année.

Undeclared est la première œuvre entièrement due à Judd Apatow, qui avait auparavant travaillé sur The Larry Sanders show et Freaks and geeks et est ensuite devenu un poids lourd de la comédie américaine avec des trucs comme 40 ans, toujours puceau, En cloque, mode d’emploi et sa suite 40 ans, mode d’emploi, et l’étonnamment bon Superbad. Bref, il n’a pas toujours fait preuve de finesse, mais ses scénarios sont généralement efficaces.
Les années campus, dont le titre français ne vient certainement pas d’une tentative de surfer sur la popularité de la série Les années collège (qui n’avait absolument rien à voir), ne fait pas exception. C’est entraînant et caricatural, souvent drôle, parfois un peu lourd. Certains rôles sont très réussis, d’autres un peu moins, certains passages peuvent être authentiquement émouvants, d’autres sont des farces délibérément puériles, et il arrive parfois que la séquence tombe à plat.
Dans l’ensemble, on passe donc un bon moment, mais ça n’est clairement pas du niveau d’un Freaks and geeks, pour rester dans les œuvres qui portent la patte du même auteur.
- D’où le titre original, Undeclared, qui désigne les étudiants qui n’ont pas choisi de matière principale.[↩]