Chips

de Dax Shepard, 2017, **

C’est dingue, la quan­ti­té de séries qui ont ber­cé la jeu­nesse de ma géné­ra­tion qui sont reprises au ciné­ma de nos jours. À croire que les réa­li­sa­teurs de mon âge ont envie de retom­ber en enfance, ou un truc du genre. Enfin bref.

CHiPs, c’était simple : un blond propre et car­ré, un brun fon­ceur et hâbleur, deux motos à sirènes, des courses-pour­suites, de rares coups de feu et des bagarres. Ça volait pas haut, c’était extrê­me­ment répé­ti­tif (tous les épi­sodes étaient peu ou prou cal­qués sur le même moule), mais c’était dis­trayant, par­fois drôle et garan­ti tout public.

Fini le petit quatre en ligne japo­nais, place au gros flat twin ger­ma­nique. — pho­to Peter Iovino pour Warner Bros

Curieusement, les scé­na­ristes du film ont jugé utile de for­cer le trait. Voilà donc Baker ancien cou­reur de moto­cross, cas­sé de par­tout et un peu con sur les bords, et Ponch obsé­dé au der­nier degré et éja­cu­la­teur pré­coce. Autant dire que ça va pas faire dans la légè­re­té.

Le film a en fait deux qua­li­tés : les acteurs et le mon­tage. Le cas­ting est évi­dem­ment rem­pli de comiques habi­tués aux blagues de bas étage, Peña et Shepard en tête, et leur talent per­met de sau­ver quelques scènes fran­che­ment lourdes (même si pour celle de la bai­gnoire, déso­lé, il n’y avait rien à faire). Et le film est ryth­mé, fré­tillant, pas­sant d’une scène à l’autre avec une grâce que le script n’avait pas pré­vue.

Il a une troi­sième qua­li­té : une scène sublime, impli­quant un câble, qui mérite tota­le­ment d’être vue, tant elle arrive à sur­prendre le spec­ta­teur.

Fais gaffe, mon indic dit qu’il y a un scé­na­riste dans le coin. Faudrait pas qu’il nous écrive un truc. — pho­to Warner Bros

Le reste… Le reste est dis­trayant, regar­dable, fran­che­ment con mais assu­mé comme tel et plein de bonne humeur. Lourd, mais hon­nê­te­ment lourd. Du coup, si vous n’avez rien de mieux à faire dans un Boeing entre Paris et San Francisco, vous pou­vez y jeter un œil, ça vous occu­pe­ra deux petites heures.

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