Dust to glory

de Dana Brown, 2005, ***

Dans l’u­ni­vers du sport, il y a des épreuves qui sortent du lot. Des trucs où on se dit qu’il faut une case en moins pour par­ti­ci­per. La Diagonale des Fous, les 24 heures du Mans (ou pire la Targa Florio de la grande époque), le Tourist Trophy

La Baja 1000 est moins connue, du moins en Europe. C’est une course tout-ter­rain qui, comme son nom l’in­dique, se déroule en Basse-Californie. La ver­sion la plus pure, qui tra­verse la pénin­sule du nord au sud, alterne avec la ver­sion boucle can­ton­née sur la par­tie nord. Dans tous les cas, vous pou­vez y par­ti­ci­per avec à peu près n’im­porte quel véhi­cule, pour peu qu’il uti­lise un moteur et des roues (encore que si vous leur pro­po­sez de concou­rir sur mono­cycle moto­ri­sé, je suis pas sûr qu’ils vous refusent). C’est donc une des rares courses où vous pou­vez réel­le­ment prendre conscience de la dif­fé­rence de per­for­mances entre un pro­to­type 4 roues motrices style Dakar, un bug­gy deux roues motrices doté d’une sus­pen­sion ahu­ris­sante, une moto d’en­du­ro spé­cia­le­ment pré­pa­rée et… une Coccinelle de série.

Spoiler : pour se lan­cer là-dedans avec une Cox, faut avoir beau­coup de temps et d’éner­gie à perdre. 

Un pick-up émerge de la poussière dans Dust to glory
Pensez à bien vous hydra­ter. — cap­ture de bande-annonce IFC Films

Et donc, en 2003, Dana Brown a sui­vi la Baja 1000, avec des camé­ras embar­quées, des héli­co­ptères, des équipes de repor­tage, etc. Il a aus­si inter­viewé des par­ti­ci­pants et d’an­ciens par­ti­ci­pants, de célé­bri­tés mon­diales comme Mario Andretti ou natio­nales comme Robby Gordon à d’illustres incon­nus — vous avez, ces gens qui galèrent encore au milieu de la pénin­sule quand les gloires sont cou­chées depuis des heures.

Le résul­tat est un docu­men­taire clas­sique, pas mau­vais, mais pas enthou­sias­mant. Les inter­views sont assez ordi­naires, le mon­tage aus­si, l’al­ter­nance entre scènes de course et à‑côtés est bien gérée, l’op­po­si­tion entre dif­fé­rentes classes de motos et de voi­tures est clai­re­ment pré­sen­tée, bref, on ne s’en­nuie pas et c’est inté­res­sant, mais il n’y a pas non plus de moment vrai­ment mar­quant. Si le film répète à l’en­vi que la Baja 1000 est une course hors-normes, il ne le montre fina­le­ment guère et il lui manque le truc en plus qui res­te­rait dans les mémoires, comme les vues embar­quées folles de TT : clo­ser to the edge.