I am not okay with this

de Jonathan Entwistle et Christy Hall, 2020, ****

Sydney est banale. 16 ans, ni moche ni belle, intel­li­gente sans excès, rai­son­na­ble­ment cynique et mal dans sa peau. Son super-pou­voir : faire chier sa mère, sur­tout depuis la mort de son père.

Du moins, c’est ce qu’elle croit. Parce qu’en vrai, cette Daria auburn sans lunettes s’a­per­çoit qu’elle a un autre super-pou­voir : faire sai­gner du nez Brad, le beau gosse de ser­vice, qui a la pré­ten­tion facile de ceux à qui tout a été don­né et le cer­veau vide d’un spor­tif de lycée. Et puis, il sem­ble­rait qu’elle puisse aus­si fis­su­rer un mur dans un moment de colère. Ou faire tom­ber les mar­chan­dises de l’é­pi­ce­rie. Ou encore…

Sophia Lillis au lycée
Quoi, pour­quoi vous me regar­dez ? J’ai rien de remar­quable, vous savez ? — pho­to Netflix

Jonathan Entwistle, pour les dis­traits du fond, c’est le pre­mier réa­li­sa­teur de The end of the f***ing world. C’est donc la deuxième fois qu’il adapte un comics de Charles Forsman. On ne sera donc pas sur­pris que I am not okay with this soit éga­le­ment entraî­nant et bien bar­ré, oscil­lant entre cynisme et naï­ve­té sans trop s’at­tar­der sur la morale. C’est aus­si très natu­rel et, à ce titre, par­fois un peu super­fi­ciel — les ado­les­cents n’ont pas que des centres d’in­té­rêt pro­fonds. En outre, les rela­tions entre Sydney et sa mère sont un peu sur­vo­lées et cari­ca­tu­rales.

Sophia Lillis et Wyatt Oleff en voiture
— Chouette, elle est dans ma voi­ture, j’ai la cote !
— Pffff, quelle cor­vée ! On se dépêche d’al­ler à l’é­pi­ce­rie…
- pho­to Netflix

Mais ce n’est pas très grave : c’est sou­vent drôle et grin­çant, c’est extrê­me­ment bien inter­pré­té, et c’est idiot juste ce qu’il faut. Et, sur­tout, ça va au bout de sa logique, avec un finale explo­sif fen­dard qu’on n’o­sait espé­rer.

Cette petite série amé­ri­caine à l’es­prit tota­le­ment bri­tan­nique dure moins de trois heures : elle se déguste donc aisé­ment en une soi­rée et, entre nous, il serait dom­mage de s’en pri­ver.