The Circle

de James Ponsoldt, 2017, **

Un jour, Facebook/Apple/Google/Paypal cen­tra­li­se­ra suf­fi­sam­ment de ser­vices pour deve­nir incon­tour­nable. Il ne sera plus réseau social, mais source d’information unique, banque, assu­rance, il gére­ra à peu près tout de la vie de ses clients, il éli­mi­ne­ra la notion même de vie pri­vée et aura suf­fi­sam­ment de poids pour contraindre les gou­ver­ne­ments à pas­ser par lui pour orga­ni­ser les élec­tions et la sécu­ri­té des citoyens — et faire éti­que­ter comme « instables » ou « mar­gi­naux » ceux qui n’auront pas de compte.

Le Cercle : une grande famille, un devoir civique, une expé­rience démo­cra­tique… une secte ? — pho­to Frank Masi pour See Change Productions

Rien de nou­veau sous le soleil ? Non, rien. The Circle est plein de bonnes inten­tions, mais manque dra­ma­ti­que­ment de sub­ti­li­té, la faute à un per­son­nage prin­ci­pal d’une niai­se­rie ache­vée qui devient d’un coup machia­vé­lique résis­tante. Non seule­ment la trame glo­bale est pré­vi­sible, mais elle est dérou­lée avec une cer­taine naï­ve­té et le seul point fort est d’aller au bout de sa logique lorsqu’il s’agit de retrou­ver un ami décon­nec­té.

Notons tout de même un uni­vers gra­phique inté­res­sant et cor­rec­te­ment tra­vaillé, des acteurs agréables et un mon­tage plu­tôt entraî­nant : on ne s’ennuie pas et quelques scènes sont même assez réus­sies. Mais le film se contente de sur­vo­ler ses thé­ma­tiques et, à la sor­tie, on a l’impression d’avoir vu un épi­sode hon­nête de Black mir­ror plu­tôt qu’un bon film.

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