The equalizer

de Antoine Fuqua, 2014, ***

Au début, un polar clas­sique avec le gen­til au pas­sé trouble qui veut juste boire son thé tran­quille en lisant Le vieil homme et la mer, la pute sym­pa et tou­chante et le mac qui la bas­tonne, et bien sûr la scène où le gen­til prend la défense de la pute et finit par buter le mac. Sur cette par­tie, c’est bien fichu, clas­sique, bien écrit, avec une jolie pho­to et un rythme un peu lent, doux et agréable.

Ensuite, ça tourne à la Tarantino, avec un gen­til qui devient jus­ti­cier soli­taire et un méchant très très méchant et très très froid envoyé par la mafia russe pour com­prendre pour­quoi son repré­sen­tant local s’est fait buter. S’ensuivent quelques échanges d’a­ma­bi­li­tés viriles façon Heat et des séquences sai­gnantes de tir aux pigeons et de démo­lis­sage.

Enfin, ça devient car­ré­ment un gros n’im­porte quoi auto-paro­dique, où l’u­ni­vers tran­quille où le héros était venu échap­per à son pas­sé devient le théâtre de ses nou­veaux exploits, en lui four­nis­sant les outils dont il a besoin pour pul­vé­ri­ser tout ce que les rus­koffs ont à lui envoyer comme tueurs.

Dans l’en­semble, c’est pas mal, mais un peu casse-gueule : les ama­teurs de polars décro­che­ront au milieu quand ça tourne vrai­ment au gros « what the fuck », tan­dis que les fans de Shoot’em up et autres Kill Bill risquent de ne pas aller voir le film. Dans l’en­semble, ça vole pas très haut, ça ne s’embarrasse pas de vrai­sem­blance (je fais même plus gaffe aux mafieux russes qui parlent anglais entre eux, mais la cloueuse qui tire en plein air…) ; mais il reste que c’est amu­sant et par­fois sym­pa.

Et mine de rien, ça chan­ge­ra à jamais la tona­li­té de vos visites chez Leroy-Merlin.