Mommy

de Xavier Dolan, 2014, ***

Il y a des choses que Xavier Dolan sait indé­nia­ble­ment faire. Il sait construire des por­traits, des­si­ner des per­son­nages humains et atta­chants, soi­gner la pho­to de ses films, aller au bout de sa logique même si ça doit être trash. Il sait aus­si suivre et se pas­sion­ner pour les êtres qu’il filme, repré­sen­ter leurs forces et leurs fai­blesses, les mettre en scène en tant que per­son­na­li­tés com­plexes et non comme simples sujets, sai­sir les ins­tants de véri­té, d’échange, de sen­ti­ments.

Mais il y a aus­si des choses avec les­quelles il a du mal. Raconter une his­toire avec un vrai fil conduc­teur, savoir quand cou­per une scène pour pas­ser à la suite, arri­ver à ne pas se perdre dans les digres­sions ou le simple vide.

Mommy est comme ça. Grand, humain, tou­chant, intel­li­gent, humain, sen­sible, beau, et ai-je déjà dit humain ? Mais il est aus­si bor­dé­lique, décou­su et par­fois lan­guis­sant. Il n’a pas le décou­page 1/3 chiant sui­vi de 2/3 géniaux de Laurence any­ways : ici, le gran­diose et le fas­ti­dieux sont mélan­gés et on ne sait jamais à quelle caté­go­rie la scène sui­vante va appar­te­nir. Du coup, ça laisse un goût bizarre, entre « c’était quand même long, hein » et « putain que c’était beau ».