Hercule

de Brett Ratner, 2014, ***

Imaginez que, dans une troupe de soldats d’élite, vous ayez un mec bâti comme un catcheur, suffisamment bourrin pour manier une massue de vingt kilos comme d’autres jouent avec une fourchette. Supposez que vous ayez vent que vos ennemis commencent à attribuer des qualités quasiment magiques à cette masse de muscles. Vous feriez quoi ?

Hercule, c’est la mythologie moins le mythe. Un gros baraqué, une équipe de bons combattants pour l’aider à accomplir ses quêtes, et un très bon directeur de communication pour le transformer en héros surhumain né d’un moment d’égarement de Zeus lui-même : quand les ennemis ont peur avant le début de la bataille, la moitié du boulot est fait. Pas de super-pouvoirs, pas d’interventions divine, mais un hommage aux bardes, conteurs et autres aèdes qui ont fait d’aventuriers bas de plafond des superstars d’essence divine.

Franchement, je trouve que c’est une excellente idée que d’imaginer un Hercule qui ne soit pas d’essence divine, mais un homme ordinaire (enfin, ordinaire genre Dwayne Johnson, quoi) monté en épingle par un bon service presse. Ça rafraîchit un peu le personnage, ça le rapproche mine de rien de notre réalité à nous, et ça ouvre forcément la porte à un petit recul humoristique qui dépoussière agréablement le péplum héroïque. Et Ratner maîtrise suffisamment bien le mélange comédie/action (rappelons qu’il s’est fait connaître avec la série des Rush hour) pour que ça passe vraiment pas mal.

Bon, à côté de ça, le scénario tient sur une paire de timbres-poste, Dwayne Johnson joue décidément toujours comme une huître (d’ailleurs l’ensemble du casting est franchement perfectible), les effets spéciaux sautent parfois aux yeux et les nombreuses scènes de baston sont pas toujours très lisibles… Globalement, il n’y a rien de vraiment remarquable dans ces aventures héroïques plutôt prévisibles aux ressorts déjà vus cent fois. Mais c’est distrayant, enjoué et plutôt amusant, alors pourquoi pas ?