The Grand Budapest hotel

de Wes Anderson, 2013, ****

Vous savez quoi ? Si quelqu’un doit adapter Le génie des alpages au cinéma, il faut que ça soit Wes Anderson. Son sens de la narration absurde, sa capacité à passer du sordide au baroque sans s’arrêter au lourd, son goût pour les constructions impressionnistes à base de tableaux successifs gentiment délirants, tout cela ferait merveille, et son goût pour un graphisme coloré et propret rajouterait une couche de délire au dessin habituellement terne de F’murrr.

Bon, en même temps, sur le papier, je dirais que si quelqu’un devait adapter Fantastique maître Renard, ça pourrait être lui aussi, et quand je vois ce qu’il en a fait j’ai envie de faire bouffer des chatons à un panda.

Mais je m’égare. Retenons que lorsqu’il ne massacre pas Roald Dahl, Wes Anderson sait faire de grands films : comme son précédent Moonrise kingdom, The Grand Budapest hotel est un délire méticuleux, l’association d’une photo à la Tim Burton (avec, notons-le, des variations de format selon l’époque), d’un scénario entre frères Coen et Monty Python, et d’un casting toujours étonnant — un jour, faudra que Wes Anderson nous explique comment il arrive à choper des listes d’acteurs pareilles.

Bien sûr, y’a un poil de redites et d’effets de manche faciles, et on n’a pas Bruce Willis avec des cheveux cette fois-ci, mais c’est quand même franchement réjouissant.