I used to be darker

de Matthew Porterfield, 2013, ****

Sur le papier, c’est rien : quelques jours de la vie d’une ado­les­cente irlan­daise, qui débarque chez des cou­sins amé­ri­cains en pleine sépa­ra­tion.

À l’écran, c’est beau­coup plus, par plein de petites touches élé­gam­ment posées. Irracontable, pour la bonne rai­son qu’il n’y a pas vrai­ment d’histoire, c’est un por­trait com­mun de gamines pau­mées et d’adultes pas vrai­ment moins déso­rien­tés. Un film où, à dix-neuf ans, on découvre que la vie est une garce et où, à qua­rante, on sait que ça s’arrange jamais vrai­ment. Et où qui qu’on soit, à la ques­tion « qu’est-ce que tu vas faire ?», on répond sou­vent : « je sais pas», et tout ce qu’on peut faire, c’est en sor­tir une chan­son. Ah oui, parce que le cas­ting est plein de musi­ciens et que ça sonne vrai­ment bien, un bout de gui­tare pour accom­pa­gner des iti­né­raires aléa­toires.

Ça peut paraître déses­pé­rant, mais pas vrai­ment : fina­le­ment, on a beau ne jamais savoir où on va, on finit tou­jours par avan­cer quand même un peu.

On peut repro­cher au film de n’avoir pas vrai­ment de fin, mais il faut noter qu’il n’avait pas vrai­ment non plus de début : c’est une tranche de vie, un por­trait inti­miste, pas un épo­pée héroïque. Et fina­le­ment, ça fonc­tionne plu­tôt bien.

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