Kick-Ass 2

de Jeff Wadlow, 2013, ****

Vous le savez, je suis ultra-fan de Kick-Ass, le film, et j’aime beaucoup Kick-Ass, la BD ; mais pour des raisons très différentes, parce que franchement, à part la trame globale, y’a pas grand-chose de commun entre le premier volume dessiné et son adaptation.

Pour le deuxième affrontement entre Dave (et les autres guignols en costumes) et Chris (et les autres bourrins en costumes), le film est face à un dilemme : rejoindre la tonalité plus dramatique de la BD, continuer dans la pure parodie trash, aller plus loin ? Et bien… Je suis pas sûr que les gens de la production aient voulu choisir.

Côté trash, Kick-Ass 2 est plus « doux » que le premier. Enfin, ça reste brutal et dégoulinant d’hémoglobine, hein, c’est juste que comment dire… ben, y’a pas les scènes lentes (la casse, l’autoclave ou la salle de torture) ou on a le temps d’anticiper et de bien comprendre ce qu’il se passe. C’est plus virevoltant, moins brutalement explicite. Côté parodie, on retrouve une certaine dualité, des masses de clins d’œil (le colonel Stars&Stripes a quand même un gros côté Comédien des Watchmen) et plein de répliques piquantes, mais ça n’est pas aussi ouvertement n’importe quoi.

Et puis, il y a le fait que Kick-Ass 2 repose beaucoup sur Mindy. Ce n’est pas illogique puisque le film est autant l’adaptation de Hit Girl que de Kick-Ass volume 2¹, mais ça donne un effet bizarre : l’enjeu essentiel du film n’est plus la lutte des super-héros contre les super-vilains ou l’existence de mecs en costume dans le vrai monde, mais l’intégration ou non de Mindy à son lycée et son choix entre vie normale et redressage de torts.

Au final, Kick-Ass 2 est distrayant, rythmé, amusant, parfois bien fichu et j’ai beaucoup aimé ; mais il n’a pas l’originalité du premier, n’est pas comme lui constamment sur le fil entre horreur, comédie et action, et semble taillé pour un public plus large et non plus spécialement pour les fans de comics.

¹ Oui, y’a des gens qui fusionnent des volumes qui vont ensemble pour faire une histoire au lieu de découper des histoires pour faire deux films, tout le monde n’a pas l’esprit des producteurs de Harry Potter et les reliques de la mort ou de Twilight : révélation.