After Earth

de M. Night Shyamalan, 2013, *

Alors, résumons. Dans un bon millénaire :

— on saura faire des combinaisons de survie qui changent de couleur selon l’environnement ; en revanche, elles n’offriront même pas la protection thermique d’une bonne vieille couverture de survie ;

— on saura faire des capsules qui permettent de respirer sur une planète hostile, mais on les conditionnera dans des boîtes qui s’écrasent quand un gamin se prend les pieds dans le tapis ;

— on fera des vaisseaux interstellaires capables de sauts quantiques, mais les balises de survie devront être activées à la main même en cas de crash ;

— on transportera des bestioles super-dangereuses dans lesdites vaisseaux, mais il n’y aura aucun dispositif pour les abattre en cas d’accident ;

— dans un vaisseau crashé, on trouvera des dizaines de drones de reconnaissance capables de modéliser la région et de détecter les formes de vie, mais pas un seul capable de transporter quelqu’un jusqu’à un morceau de vaisseau crashé plus loin, ou même susceptible de transporter une balise de détresse ;

— on aura des outils capables de radiographier et diagnostiquer une fracture déplacée du fémur ou une obstruction artérielle, mais les trousses de survie recourront encore à un bon vieux scalpel et un bête tuyau pour faire un shunt à la main comme il y a cinquante ans. Pis, on ne saura toujours pas faire un système d’injection d’anti-venin automatique : il faudra se faire ses piqûres intra-cardiaques à la main ;

— on aura affaire à des bestioles super-méchantes qui sentent les phéromones, et on préférera passer des années à former des « rangers » au self-control pour pas en émettre plutôt que de faire des bêtes combinaisons étanches ;

— les vautours seront devenus géants, mais ces grands sentimentaux protégeront ceux qui auront aidé leur progéniture ;

— les vautours géants nicheront dans des arbres accessibles au moindre tigre de passage, chasseront en vol et piqueront les ailes déployées ;

— on pourra courir tranquillement au milieu de coulées de lave sans même suer.

Je passe donc sur les innombrables clichés (relation au père, traumatisme initial, tout ça) pour en venir à l’essentiel : Night Shyamalan fait d’habitude du fantastique, et il a juste oublié que dans « science-fiction », il y a « science ». Le film est donc aussi crédible qu’un épisode du Donjon de Naheulbeuk, sauf qu’il se veut réaliste et haletant… et le résultat est proprement ridicule.