Django

de Sergio Corbucci, 1967, ***

Tout le monde connaît Sergio Leone. S’il a éclipsé toute une génération de réalisateurs italiens, c’est oublier que d’autres que lui ont participé à la naissance du western spaghetti (et que, d’ailleurs, l’un des tous meilleurs du genre, Mon nom est personne, a été réalisé par Valerii).

Corbucci en fit partie, avec Navajo Joe et Django¹, sujet de notre causerie du jour. Contrairement à Leone, Corbucci limite très largement l’humour : Django n’est pas un film drôle, mais une tragédie glauque et triste.

Si les larges plans paysagers typiques du spaghetti sont bien là, la terre est lourde, boueuse et traîtresse, comme les gens qui la parcourent. Le monde se divise en deux catégories : les brutes et les lâches, et hommes et femmes remplissent équitablement chaque groupe. Django ne fait évidemment pas exception, homme solitaire cynique et brutal qui ne sert de héros que parce que, finalement, il a le mérite de l’honnêteté : plus que le classique héros ambigu du spaghetti, c’est franchement à un gros salaud qu’on a ici affaire.

Dans l’ensemble, difficile de parler de grand film, tant certains effets de manche sont prévisibles. Mais c’est un spaghetti à voir, pour se remémorer que le genre n’est pas intrinsèquement parodique et humoristique et que quelques œuvres réellement noires se sont glissées dans le tas.

¹ Pour la petite histoire, Navajo Joe et Django ont tous deux vus leurs musiques et certains thèmes repris dans les derniers Tarantino : Kill Bill et Django unchained, respectivement.