Twilight — révélation (seconde partie)

de Bill Condon, 2012, *

Il paraît, en tout cas c’est ce que rapport la presse, que Bill Condon a annoncé que les gens seraient impressionnés par la performance de Kristen Stewart. Et bien, je trouve ça sympa et fair-play de faire comme ça de la pub pour Les Runaways, Sur la route ou même certains passages de Blanche-Neige et le chasseur.

Non, vous croyez vraiment qu’il parlait de Twilight ? Sérieusement ? Non mais arrêtez, vous allez me faire rire.

Il n’y a pas un acteur potable dans Twilight — révélation, qu’on considère la première ou la deuxième partie. Voilà, c’est dit.

Non, pas un, pas même les bons acteurs, ceux dont on avait l’impression qu’ils seraient au pire moyens si on les laissait sans surveillance. C’est le miracle Bill Condon, dont la direction d’acteurs transforme l’or en plomb, la Kristen Stewart en Emma Watson, le Robert Pattinson en Robert Pattinson.

Bon, okay, on a compris, tout le monde joue comme un pied. Mais le reste ?

Et bien, le reste… Si j’étais un vampire, j’éviterais de bouffer les spectateurs qui sortent de ça : après leur avoir fait avaler autant de guimauve, c’est un coup à choper le diabète. Et que les héros sont meugnons, et qu’ils s’aiment, et qu’ils se font des serments, et des grandes phrases pleines à ras bord de bons sentiments gluants…

En dehors de ça, le scénario est sévèrement mou, en particulier durant la première heure. La gamine est miraculeuse, elle est vue, c’est un monstre contre nature, les Volturi veulent la buter, les vampires cherchent des alliés, tout le monde se retrouve sur le champ de glace pour se foutre sur la gueule. Voilà, la dernière phrase dure une demi-heure (un peu longue mais bien rythmée, avec des chorégraphies amusantes et un clin d’œil à 300 au passage), les précédentes s’étalent sur plus d’une heure et Dieu que c’est long !

On aurait pu avoir une vraie tension, par exemple si Bella n’était pas la seule vampire nouvelle-née qui se contrôle parfaitement en toute circonstance. Imaginez juste une seconde qu’elle fasse un choix différent après avoir humé une biche et un grimpeur ; imaginez une seconde l’abîme de perplexité, de culpabilité peut-être, qui l’aurait envahie après avoir becqueté le maniaque de varappe… Oui, on aurait vraiment pu faire quelque chose en travaillant sur la lutte entre instinct et volonté, entre faim et « végétarisme », entre Ça et Surmoi en somme. Mais non : on évacue la question en trois coups de cuiller à pot, Bella est la première vampirette qui n’a pas envie de goûter du bipède plus de dix secondes.

On aurait pu, au moins, creuser un peu l’histoire des Immortels et de pourquoi les Volturi pensent que la petite en est une. Mais non, ils flippent parce qu’il fallait qu’ils flippent pour que le scénariste puisse placer sa baston, et ça n’a pas besoin de plus d’explication que ça.

Au final, Twilight — révélation (seconde partie) est dans la lignée de la première partie : long, mou, plat et mal joué. Il a tout de même une qualité qui le rend regardable : hautement ridicule, il en devient parfois hilarant, en particulier lors des scènes sérieuses.